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Iran : Israël fera tout pour défendre sa sécurité

Benjamin Netanyahu a déclaré qu'un accord à Lausanne ouvrirait la voie à un Iran doté de l'arme nucléaire, d'ici un an

Benjamin Netanyahu à la Knesset - 31 mars 2015 (Crédit : Knesset)
Benjamin Netanyahu à la Knesset - 31 mars 2015 (Crédit : Knesset)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi que l’accord négocié à Lausanne ouvrait la voie à un Iran doté de l’arme nucléaire et que son pays ferait tout pour défendre sa sécurité.

« La plus grande menace pour notre sécurité et notre avenir, c’est et cela reste les efforts menés par l’Iran pour avoir des armes nucléaires. L’accord qui se profile à Lausanne ouvre la voie vers cet objectif », a dit Netanyahu devant le parlement.

Il s’exprimait alors que les négociateurs des grandes puissances et de l’Iran négociaient toujours pied à pied à Lausanne (Suisse) pour parvenir à un compromis historique sur le nucléaire avant minuit.

« Israël ne se cachera pas la tête dans le sable. Nous ferons tout pour défendre notre sécurité et notre avenir. J’ajoute que ce que je vous dis ici, beaucoup de pays le partagent dans notre région. Ils comprennent la menace iranienne », a-t-il insisté.

Dans l’accord en cours de discussion, le temps qui serait nécessaire à l’Iran pour se procurer le matériel servant à produire la bombe atomique ne se compte plus en années « comme on l’a dit au départ. Nous pensons qu’on l’a réduit à un an, peut-être même à beaucoup moins que cela », a-t-il dit.

Cette déclaration est la dernière en date de Netanyahu contre l’accord. Il avait dénoncé dimanche « l’axe Iran-Lausanne-Yémen, qui est très dangereux pour toute l’humanité et doit être stoppé ».


dernières tractations pour arracher un compromis au jour J

De dures négociations entre les grandes puissances et l’Iran se poursuivaient toujours mardi à Lausanne, à quelques heures de l’expiration symbolique d’un délai fixé pour parvenir à un compromis sur le nucléaire.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui avait quitté la Suisse la veille, est revenu en fin d’après-midi retrouver ses pairs au palace Beau Rivage, où peu d’informations filtraient sur l’état d’avancée des discussions, dans une atmosphère de plus en plus électrique à mesure que s’approche l’échéance.

« On avance, mais lentement, vu la complexité des questions », a déclaré lors d’une pause un des négociateurs iraniens, Behrouz Kamalvandi.

« Ce n’est pas réglé », avait déclaré dans la matinée une source diplomatique occidentale, ajoutant que les discussions allaient se poursuivre toute la journée et qu’un accord restait possible.

Les pays du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) et l’Iran tentent de parvenir, théoriquement avant minuit, à un accord d’étape ou une entente de principe pour pouvoir continuer les négociations.

Ce compromis, dont on ignore encore la forme qu’il pourrait prendre (déclaration politique, document partiellement publié?) constitue une étape fondamentale sur la route d’un accord final, avec tous les détails et annexes techniques, dont l’échéance a été fixée au 30 juin.

L’objectif de l’accord est de s’assurer que l’Iran, dont le programme nucléaire inquiète la communauté internationale depuis le début des années 2000, ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions qui étranglent son économie.

Un échec d’ici mardi minuit ne signifierait pas automatiquement la rupture et la fin de toutes les négociations, soulignent les protagonistes de part et d’autre.

Mais tous s’accordent à dire que la situation serait beaucoup plus compliquée et difficile, un échec des discussions de Lausanne ne pouvant que conforter les opposants à un accord, de Washington à Téhéran, en passant par Jérusalem ou Riyad.

Pour la troisième journée consécutive, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est monté au créneau, affirmant qu’un accord à Lausanne ouvrirait la voie à un Iran nucléaire, et jurant qu’Israël ferait « tout » pour défendre sa sécurité.

Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal a pour sa part accusé les grandes puissances de « court-circuiter les intérêts des Etats de la région en faisant miroiter à l’Iran des bénéfices dont il ne pourra pas jouir sans qu’il coopère avec les pays de la région ».

« Rien n’est jamais sûr »

Avant son départ de Moscou, Lavrov s’était montré optimiste, estimant que les perspectives étaient « plutôt bonnes ».

« Rien n’est jamais sûr à 100 %. Mais les chances sont grandes si aucun des participants aux négociations ne fait monter les enjeux à la dernière minute », a-t-il dit.

A Lausanne, les discussions durent depuis six jours, quasiment jour et nuit. Mais, après 18 mois d’un marathon diplomatique sans précédent, elles achoppent toujours sur des points cruciaux.

En premier lieu, la durée de l’accord. Les grandes puissances souhaitent un cadre strict de contrôle des activités nucléaires iraniennes, particulièrement dans le domaine de la recherche et du développement, sur au moins 15 ans, mais l’Iran ne veut pas s’engager au-delà de 10 ans.

La question de la levée des sanctions de l’ONU est aussi, depuis le début, un gros point de blocage. Les Iraniens voudraient voir tomber, dès la conclusion d’un accord, ces sanctions économiques et diplomatiques, jugées humiliantes. Or les grandes puissances veulent une levée graduelle de ces mesures liées à la prolifération nucléaire et prises depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l’ONU.

En cas de levée de certaines de ces sanctions, quelques pays du groupe 5+1 veulent en outre un mécanisme permettant de les réimposer rapidement au cas où l’Iran violerait ses engagements, selon un diplomate occidental.

« Ce sont les dernières heures », a estimé une source diplomatique, doutant que les négociations puissent être prolongées dans le format actuel. « Les ministres sont là depuis des jours, ont bousculé leurs agendas pour rester, et ils ont tous des obligations. »

« Il est vraiment temps maintenant de prendre des décisions » pour parvenir à une entente, avait exhorté lundi soir la porte-parole du Département d’Etat américain, Marie Harf, tandis qu’un diplomate occidental tranchait: « il est maintenant temps de dire oui ou de dire non ».

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