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Iran : l’Autorité judiciaire critique des propos sur le blanchiment d’argent

Selon Mohammad Javad Zarif, des "milliards" de rials ont été blanchis par des sociétés pour bloquer des lois contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme

Un billet de 200 rials iranien (Crédit : CC0 / Wikipedia)
Un billet de 200 rials iranien (Crédit : CC0 / Wikipedia)

Le chef de l’Autorité judiciaire en Iran, Sadegh Larijani, a exhorté lundi les responsables gouvernementaux à s’abstenir d’émettre des accusations de blanchiment d’argent, jugeant que de tels propos pourraient être exploités par « l’ennemi ».

Cette critique intervient quelques jours après la publication d’une interview filmée du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif par l’agence de presse Khabar Online dans laquelle il dit que « le blanchiment d’argent est une réalité dans (le) pays, et beaucoup de personnes en tirent profit ».

Selon M. Zarif, des « milliers de milliards » de rials (des dizaines de milliards d’euros) ont été blanchis par des sociétés en Iran qui œuvrent à bloquer de nouvelles lois contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Il n’a pas nommé ces groupes.

« S’il y a d’énormes activités de blanchiment d’argent dans le pays, pourquoi ne les avez-vous pas signalées à la justice ? », a rétorqué dans un discours l’ayatollah Larijani, selon l’agence Isna.

De gauche à droite : le président iranien Hassan Rouhani, l’ayatollah Ali Khamenei, le président du parlement iranien Ari Larijani et l’ayatollah responsable de la Justice Sadegh Larijani, pendant la 6e Conférence internationale de soutien à l’intifada palestinienne, en février 2017. (Crédit : capture d’écran Mehr News Agency)

La meilleure arme de « l’ennemi » est la pression économique, a-t-il ajouté en exhortant les responsables, sans nommer explicitement M. Zarif, à ne pas faire de déclarations pouvant être utilisées contre l’Iran.

La situation économique et financière de l’Iran préoccupe profondément le gouvernement, notamment depuis le rétablissement des sanctions américaines à la suite du retrait en mai des Etats-Unis de l’accord nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances.

Le gouvernement a présenté quatre projets de lois destinés à répondre aux demandes du Groupe d’action financière (Gafi), qui régule les efforts internationaux pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du « terrorisme ».

Des partis conservateurs ont critiqué ces projets de lois, affirmant qu’elles auraient pour effet de stopper le soutien iranien au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah ou au groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif assiste à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats riverains de la mer Caspienne à Moscou le 5 décembre 2017. (Crédit : AFP / Kirill KUDRYAVTSEV)

Mais ces lois dérangent également de grandes sociétés, opposées à plus de transparence financière, selon M. Zarif. « Je ne cherche pas épingler une organisation précise, mais ceux qui blanchissent des milliers de milliards sont certainement capables de dépenser une centaine de milliards en propagande et opérations psychologiques dans le pays ».

Mais pour M. Larijani, ce discours s’apparente à un « poignard dans le cœur du système ».

L’Iran est le seul pays avec la Corée du Nord à figurer encore sur la liste noire des pays ou territoires non coopératifs établie par le Gafi.

L’un des quatre projets de lois, sur les mécanismes de contrôle et de prévention du financement du « terrorisme », a été promulgué en août. Les trois autres textes attendent encore l’approbation finale du Parlement.

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