Israël aurait réprimandé son envoyé après des propos sur la réconciliation avec la Turquie
Le consul général israélien avait dit à des journalistes que davantage de travail était nécessaire pour la reprise des relations entre Jérusalem et Ankara
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Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Israël aurait réprimandé son consul général en Turquie pour une série de remarques adressées à la presse concernant les efforts de réconciliation en cours entre Jérusalem et Ankara.
Les négociations devraient pouvoir faire face à une agitation politique à Ankara et se rapprochent de plus en plus d’un accord, avait déclaré lundi Shai Cohen aux journalistes.
Un officiel de Jérusalem a déclaré que Cohen n’était pas impliqué dans les négociations et n’était pas autorisé à en parler, selon la radio publique israélienne.
Les négociations sont toujours en cours, et sont notamment motivées par des préoccupations sécuritaires régionales, en particulier à propos de l’Etat islamique et d’autres groupes jihadistes en Syrie, un pays situé à la fois à la frontière d’Israël et à celle de la Turquie, a annoncé Reuters.
La semaine dernière, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait déclaré qu’il démissionnerait de son poste de chef de parti et de chef du gouvernement dans le mois en raison de désaccords avec le président du pays, Recep Tayyip Erdogan. Ce nouveau développement va probablement contrecarrer des activités politiques internes et à l’extérieur jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement le 22 mai, après quoi seulement les négociateurs israéliens et turcs pourront à nouveau se revoir.
« Le processus de réconciliation entre Israël et la Turquie a atteint sa dynamique, a déclaré Cohen. Nous espérons que le processus de réconciliation ne sera pas affecté pour le changement politique en Turquie. »
« Je pense que cela prendre encore une ou deux séries [de discussions] pour conclure un accord […]. La plupart des sujets entre Israël et la Turquie sont déjà clairs, jusqu’à un certain point. »
Cependant, un retour au type de coopération militaire dont jouissaient Israël et la Turquie dans les années 1990 prendra du temps, a-t-il prévenu.
Un accord interviendrait presque six ans après un raid mortel en 2010 de l’armée israélienne contre un bateau turc tentant de briser le blocus de Gaza. Dix citoyens turcs avaient été tués dans la confusion à bord du vaisseau entre des activistes brandissant de couteaux et des clubs et des soldats israéliens. L’incident avait mené à une chute des relations bilatérales, qui étaient déjà tendues en raison de la politique militaire israélienne à Gaza.
La Turquie avait demandé une excuse immédiate pour le raid, un dédommagement pour les familles des victimes et la levée du blocus sur la bande de Gaza avant la reprises de relations normales.
Lever le blocus de Gaza est un « non sujet », a souligné Cohen, qui a expliqué que les négociations cherchaient à faire venir des produits par voie terrestre dans Gaza, où environ la moitié des produits achetés proviennent de Turquie.
Les discussions ont commencé il y a des mois et devraient inclure des dédommagements pour les victimes turcs du raid de la flottille, et un certain assouplissement du blocus de la bande de Gaza, selon l’article de Reuters de mardi.
Un autre domaine d’intérêt est la fourniture de gaz naturel du champ de gaz offshore israélien Leviathan qui contiendrait, selon les estimations, 500 milliards de mètres cubes de gaz.
« Chacun attend de voir combien de gaz naturel Israël peut exporter en Turquie, et via la Turquie vers l’Occident », a déclaré Cohen.
Selon le Globes de lundi, la Turquie veut la moitié de l’approvisionnement du champ, pour répondre à ses propres besoins énergétiques alors qu’un futur projet pourrait permettre d’exporter le gaz israélien en Europe via un pipeline turc.
L’équipe du Times of Israël et des agences ont contribué à cet article.
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