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John Kerry: le retrait de l’accord sur le nucléaire accroît le risque de guerre

Le diplomate d'Obama affirme que la pression de Trump sur Téhéran renforce les conservateurs anti-Occident et que certains "rêveraient de voir les Etats-Unis bombarder l'Iran"

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)

L’ex-secrétaire d’Etat démocrate John Kerry a exprimé vendredi des craintes à propos du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, déclarant que des dirigeants régionaux l’avaient par le passé pressé à engager une action militaire contre l’Iran.

L’ancien ministre des Affaires étrangères de Barack Obama avait négocié cet accord de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), dans lequel Téhéran s’engage à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique en échange de la levée de sanctions internationales.

En sortant de cet accord en mai, le président Donald Trump « a rendu plus probable un conflit dans la région, car certaines personnes rêveraient de voir les Etats-Unis bombarder l’Iran », a estimé John Kerry devant le cercle de réflexion Council on Foreign Relations.

M. Kerry a déclaré que le défunt roi d’Arabie saoudite Abdallah et l’ancien président d’Egypte Hosni Moubarak avaient tous deux jugé devant lui que les Etats-Unis devraient attaquer l’Iran, bien qu’ils n’aient pas tenu cette position publiquement.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, grand critique de l’accord sur le nucléaire, avait également réclamé le feu vert de Barack Obama, président à l’époque, pour bombarder l’Iran, a aussi assuré l’ancien chef de la diplomatie américaine.

Donald Trump estime que l’accord de 2015 est « horrible et partial » et « n’aurait jamais dû être conclu ». Le président reproche également au texte de ne pas traiter de certaines préoccupations américaines comme la menace que représente l’Iran pour Israël ou son soutien à des mouvements islamistes comme le Hezbollah.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry (à gauche) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif après que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a vérifié que l’Iran a respecté toutes les conditions de l’accord nucléaire, à Vienne le 16 janvier 2016 (Crédit : AFP / POOL / KEVIN LAMARQUE)

Or selon M. Kerry, les Etats-Unis étaient « en train de conduire (l’Iran) à faire certaines choses, doucement », y compris à propos du conflit au Yémen. Selon lui, le président Hassan Rouhani était « en train d’orienter le pays dans une direction différente ».

« Ce que Trump a fait, c’est renforcer les gens qui en Iran disaient, ne négociez pas avec les Etats-Unis, ils vous détruiront », a jugé l’ancien candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2004.

Donald Trump a récemment vivement critiqué M. Kerry pour avoir continué à rencontrer l’actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, des entrevues « illégales » qui « sapent » la politique étrangère des Etats-Unis, selon le président des Etats-Unis.

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