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La barrière de sécurité ne passera pas par Battir

Le ministère de la Défense a renoncé à faire passer la clôture de sécurité par ce village classé "patrimoine mondial en péril"

Les terrasses agricoles du village de Battir (Crédit : autorisation de l'ONG Les Amis de la Terre/Moyen Orient/FoEME)
Les terrasses agricoles du village de Battir (Crédit : autorisation de l'ONG Les Amis de la Terre/Moyen Orient/FoEME)

La barrière de sécurité israélienne en Cisjordanie ne passera pas dans le village palestinien de Battir, célèbre pour son antique système d’irrigation romain et ses terrasses agricoles, indiquent des documents de la Cour suprême israélienne publiés dimanche.

Les habitants de ce village, située au sud-ouest de Jérusalem et à cheval sur la Ligne Verte, avaient saisi en 2012 la justice israélienne contre des plans du ministère de la Défense prévoyant de construire la barrière de sécurité à travers les terrasses, vieilles de plus de 2 000 ans et encore cultivées de nos jours.

Le site a été classé en juin « patrimoine mondial en péril » par l’Unesco.

Le Cour suprême a annoncé dimanche que le ministère de la Défense affirmait avoir renoncé à construire la barrière à Battir.

« A ce stade, la position du ministre de la Défense est que la construction de la barrière à cet endroit, même s’il elle est importante sur le plan sécuritaire, n’est pas une priorité », a affirmé la Cour.

L’Etat devra informer les signataires de la pétition présentée à la Cour suprême au moins 60 jours à l’avance s’il élabore de nouveaux plans de construction dans le secteur.

La région de Battir est l’une des dernières, entre le sud de Jérusalem et la Cisjordanie, qui ne soit pas encore bloquée par la barrière.

Des enfants se baignent dans l'ancienne source du village de Battir, au sud de Jérusalem, le 17 juin 2012 (Crédit : AFP/Archives Menahem Kahana)
Des enfants se baignent dans l’ancienne source du village de Battir, au sud de Jérusalem, le 17 juin 2012 (Crédit : AFP/Archives Menahem Kahana)

L’édification de cette clôture de sécurité a commencé en 2002 à la suite d’une vague de violents attentats palestiniens lors de la Seconde Intifada.

Achevée aux deux tiers, elle doit atteindre à terme environ 712 km. Elle se trouve à 85 % en Cisjordanie, isolant 9,4 % du territoire palestinien, dont Jérusalem-Est, selon l’ONU.

La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé le 9 juillet 2004 sa construction illégale et exigé son démantèlement, de même que l’Assemblée générale de l’ONU.

L’ONG des Amis de la terre Moyen-Orient (FoEME), qui avait soumis la pétition aux côtés des habitants du village, a qualifié la décision de la Cour de « victoire importante », saluant « une lueur d’espoir pour un meilleur futur dans notre région ».

L’Autorité israélienne des Parcs et de la Nature, de même que des résidents juifs des implantations s’étaient également opposés à la construction de la barrière à Battir, qui aurait isoler les implantations s’y trouvant, du sud de Jérusalem et gâché le paysage vieux de plusieurs millénaires.

Les terrasses agricoles du village de Battir (Crédit : autorisation de l'ONG Les Amis de la Terre/Moyen Orient/FoEME)
Les terrasses agricoles du village de Battir (Crédit : autorisation de l’ONG Les Amis de la Terre/Moyen Orient/FoEME)

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