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La hiérarchie catholique s’interroge sur la nature du Diable

Arturo Sosa Abascal, alias le Pape noir, a été élu nouveau Supérieur de la Compagnie des Jésus il y a 6 mois et agite régulièrement le monde catholique par des prises de positions très progressistes

Arturo Sosa Abascal, alias le Pape noir, nouveau Supérieur de la Compagnie des Jésus. (Crédit : capture d'écran Youtube/Jesuit Media)
Arturo Sosa Abascal, alias le Pape noir, nouveau Supérieur de la Compagnie des Jésus. (Crédit : capture d'écran Youtube/Jesuit Media)

Le père jésuite, adoubé par le pape François, lui-même issu d’une confrérie jésuite, est décrit comme rien de moins que « marxiste et moderniste » par le site mediascatholique.info qui s’offusque de ses prises de positions scandaleuses.

Ses déclarations successives hérissent les catholiques conservateurs et traditionalistes. Ainsi, selon Arturo Sosa on ne peut réellement savoir ce qu’a dit Jésus, car il y a 2000 ans, il était simplement impossible d’effectuer des enregistrements audios.

Réputé féministe, et défendeur des minorités sexuelles, s’il est certes contre le mariage gay, il défend néanmoins la possibilité d’unions civiles entre personnes du même sexe, au grand dam de larges franges de la communauté catholique.

Les Jésuites, dont sont issus le pape actuel et le père Sosa, sont réputés pour leur maîtrise de l’art de casuistique, leur érudition et leur goût de la controverse. Il n’est pas surprenant que la dernière déclaration du nouveau chef des Jésuites (surnommé le pape noir, en miroir du pape blanc, l’actuel pape François) ne soit pas dans la droite ligne du chef de la hiérarchie catholique.

Le pape François pendant la bénédiction "Urbi et Orbi", au balcon central de la basilique Saint-Pierre du Vatican, le 25 décembre 2015. (Crédit : Franco Origlia/Getty Images via JTA)
Le pape François pendant la bénédiction « Urbi et Orbi », au balcon central de la basilique Saint-Pierre du Vatican, le 25 décembre 2015. (Crédit : Franco Origlia/Getty Images via JTA)

Dans une récent interview au journal espagnol Il Mundo, le pape noir déclare ne pas croire un seul instant en l’existence du Diable, considéré comme une invention des hommes pour parler du mal.

Une position en contradiction frontale avec celle de Jorge Mario Bergoglio, le pape actuel : « On a fait croire que le Diable est un mythe, déclarait le pape en 2014, une image, une idée, l’idée du mal. Mais le Diable existe et nous devons lutter contre lui, rapporte le site catholique Aleteia. C’est ce que dit saint Paul, ce n’est pas moi qui le dis ! La Parole de Dieu le dit. Et pourtant nous n’en sommes pas vraiment convaincus. »

Mais selon Arturo Sosa, apparemment adepte d’une approche plus philosophique, « le mal fait partie du mystère de la liberté, explique-t-il dans les pages de Il Mundo. Si l’être humain est libre, vous pouvez choisir entre le bien et le mal.(…) Nous avons des figures symboliques, comme le Diable, pour exprimer le mal. »

Le pape noir verse même dans la sociologie car selon lui « le conditionnement social » peut être considéré comme le Diable car « il y a des gens qui agissent parce qu’ils sont dans un environnement où il est très difficile de faire autrement. »

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