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La Jordanie veut promouvoir son tourisme religieux grâce à la visite papale

Le tourisme représente 12 % du PIB de ce petit pays désertique de 7 millions d'habitants

Lever de soleil sur Amman, en Jordanie (Crédit : Joeyzaza/CC BY/Wikimedia Commons)
Lever de soleil sur Amman, en Jordanie (Crédit : Joeyzaza/CC BY/Wikimedia Commons)

Le secteur du tourisme en Jordanie, touché de plein fouet par les crises au Proche-Orient, entend tirer parti de la visite du pape fin mai pour mieux exploiter le tourisme religieux grâce aux nombreux sites bibliques du royaume.

Les revenus touristiques en Jordanie, où le pape François doit débuter une tournée régionale du 24 au 26 mai en Terre sainte, représentent
12 % du PIB de ce petit pays désertique de 7 millions d’habitants.

Outre plusieurs sites historiques, comme la célèbre cité antique de Petra, les ruines romaines de Jerash ou les rives de la mer Morte, la Jordanie abrite plusieurs lieux saints à l’image du Mont Nebo, où Dieu montra la terre promise à Moïse selon la tradition chrétienne, ou encore la région de Wadi al-Kharrar, dans la vallée du Jourdain, connue comme étant le site du baptême de Jésus-Christ.

A Madaba, près d’Amman, il est possible d’observer un plan de Jérusalem et de la Terre sainte datant du 6ème siècle, considéré par les archéologues comme la plus ancienne mosaïque géographique connue.

Mais le secteur du tourisme a été très affecté par l’instabilité régionale au lendemain des Printemps arabes et tout particulièrement la guerre civile en Syrie qui a poussé près de trois millions de personnes à fuir le pays dont près de 600 000 ont été accueillies dans le royaume, selon l’ONU.

En 2013, 5,4 millions de touristes ont visité le pays, générant des recettes de 3 milliards de dollars, contre 6 millions de visiteurs et 3,2 milliards de dollars en 2012.

« Cette baisse est le résultat des problèmes politiques et sécuritaires dans les pays voisins comme la Syrie, l’Egypte ou le Liban », estime Abdoul Razzaq Arabiat, à la tête de l’Office de tourisme jordanien.

« Nous voulons nous concentrer sur le tourisme religieux et en faire une priorité. Ce tourisme est moins susceptible d’être affecté par les problèmes politiques et économiques », poursuit-il, soulignant que son pays « profite d’une situation géographique unique au Moyen Orient ».

Stabilité

Lors de sa visite de quelques heures dans le royaume — où vivent
200 000 chrétiens, dont la moitié de catholiques — le pape François doit rencontrer le roi Abdallah II et célébrer une messe dans le principal stade de la capitale avant de dîner avec des réfugiés syriens, des défavorisés et des handicapés au site du baptême du Christ.

« Cette visite sera une opportunité majeure pour promouvoir le tourisme religieux. Nous attendons des pèlerins chrétiens du monde entier », a insisté M. Arabiat.

La dernière visite d’un pape dans le royaume remonte à 2009 avec Benoît XVI. En l’an 2000, Jean Paul II avait prié au Mont Nebo et sur le site du baptême.

Cette prière avait été considérée par les Jordaniens comme une confirmation du site du baptême, au sujet duquel il existe une controverse avec Israël, qui affirme que Qasr al-Yahoud, près de Jéricho en Cisjordanie, est le véritable site.

La Jordanie entend également attirer des touristes musulmans pour visiter ses sites islamiques, dont plusieurs tombes de compagnons du prophète Mahomet et des pièces d’art islamique.

« Nous préparons des programmes pour encourager les touristes originaires de pays comme l’Indonésie ou la Malaisie à venir en Jordanie après avoir effectué le pèlerinage à La Mecque (en Arabie saoudite) », a expliqué M. Arabiat.

Abdel Ilah Harahcheh, directeur des ventes dans la compagnie Dallas Travel and Tourism, reconnaît que « les touristes ont peur » de venir en raison des conflits régionaux mais veut miser notamment sur la stabilité du royaume pour les attirer.

Depuis janvier 2011, des manifestations, petites mais régulières, ont appelé à des réformes mais le royaume n’a pas connu de violences meurtrières et le régime n’a pas été remis en cause comme dans plusieurs pays de la région.

« La Jordanie a des sites uniques ainsi qu’un haut degré de stabilité et de sécurité. Nous devons effectivement nous servir de la visite du pape pour promouvoir le pays », souligne M. Harahcheh.

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