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La justice interdit à Paris Match de publier des photos « indécentes » de l’attentat de Nice

Le parquet de Paris avait demandé en urgence l'interdiction du magazine, dont les photographies “portent atteinte à la dignité des victimes”

Drapeau français en berne devant une plage vide de la Promenade des Anglais à Nice, au lendemain d'un attentat qui a fait 84 morts, le 15 juillet 2016. (Crédit : David Ramos/Getty Images via JTA)
Drapeau français en berne devant une plage vide de la Promenade des Anglais à Nice, au lendemain d'un attentat qui a fait 84 morts, le 15 juillet 2016. (Crédit : David Ramos/Getty Images via JTA)

La justice française a interdit jeudi à l’hebdomadaire Paris Match « toute nouvelle publication » de deux photos de l’attentat de Nice (sud), survenu le 14 juillet 2016, sans toutefois ordonner le retrait des kiosques du numéro contenant les photos litigieuses.

Une telle mesure, demandée par le parquet de Paris, ne saurait être « efficiente », « dès lors que le numéro litigieux est d’ores et déjà en vente », a estimé le tribunal de grande instance de Paris, qui a étrillé le journal : « recherche de sensationnel », « commentaires racoleurs » et images « indécentes ».

Dans leur décision, rendue à la veille de la commémoration de l’attentat qui avait fait 86 morts et 450 blessés sur la Promenade des Anglais, les juges ont estimé que deux des photos, sur lesquelles les victimes sont reconnaissables, « portent atteinte à la dignité humaine ».

Le tribunal a interdit au journal « toute nouvelle publication », sous astreinte de 50 000 euros par infraction constatée, de ces deux photos et également interdit leur diffusion sous format numérique, sous astreinte de 50 000 euros par heure de retard, ce qui revient de fait à ordonner leur retrait sur les supports numériques du journal.

Le jugement, signé par le président du TGI de Paris Jean-Michel Hayat, dénonce « une recherche évidente de sensationnel », des photos « indécentes par l’illustration de victimes courant pour échapper à la mort ou sur le point de mourir ».

Paris Match s’est « félicité » que le retrait du journal des kiosques n’ait pas été ordonné, a déclaré un porte-parole, ajoutant que le journal « défend le droit des citoyens à être informés et à connaître la vérité, et le droit des victimes que nous avons rencontrées à témoigner pour qu’on ne les oublie pas ».

« Sur le fond », à quant à lui réagi Me Antoine Casubolo Ferro, avocat de L’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), « c’est une victoire, les victimes ont obtenu gain de cause. Ce qui est important, c’est le principe. »

Informé mercredi de la publication par Paris Match d’images issues de la vidéosurveillance de la promenade des Anglais le soir de l’attentat, le parquet avait « immédiatement ouvert une enquête pour violation du secret de l’instruction et recel » de ce délit. Certaines photos sont « manifestement issues du dossier d’instruction », a souligné le tribunal.

Face aux juges, l’avocate de Paris Match, Marie-Christine de Percin, s’est dite « sidérée ». A ses yeux, ce sont « des raisons sûrement politiques qui se cachent derrière ce procès ».

A la suite de cet attentat, plusieurs médias avaient déjà été pointés du doigt pour avoir notamment diffusé des images de victimes. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait appelé les médias audiovisuels à « la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes ».

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