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La police recommande l’inculpation de la femme la plus riche d’Israël

Des officiels ont déclaré que Shari Arison et des cadres de son entreprise de construction avaient une "culture de corruption" en versant de pots-de-vin dans des pays africains

La femme d'affaires américano-israélienne Shari Arison vue en train de quitter l'unité des enquêtes criminelles Lahav 433 de la police, à Lod le 12 août 2018. (Flash90)
La femme d'affaires américano-israélienne Shari Arison vue en train de quitter l'unité des enquêtes criminelles Lahav 433 de la police, à Lod le 12 août 2018. (Flash90)

Dimanche, la police et l’Autorité de sécurité d’Israël ont indiqué avoir suffisamment de preuves de malversation pour recommander des inculpations pour corruption contre des cadres de la plus grande entreprise de construction d’Israël, y compris son ancienne présidente, la milliardaire Shari Arison.

L’unité d’investigation spéciale Lahav 433 a terminé une enquête d’un an sur une affaire de corruption à hauteur de plusieurs millions de shekels où l’entreprise Shikun & Binui a payé des officiels publics dans plusieurs pays africains pour décrocher de lucratifs contrats de construction.

« Il y a des preuves substantielles contre l’entreprise Shikun & Binui, et contre un certain nombre d’employés haut placés », a déclaré la police dans un communiqué.

Arison, qui a vendu ses parts de contrôle dans Shikun & Binui l’année dernière, a été l’une des 50 cadres de l’entreprise interrogés par la police dans l’affaire. L’enquête principale se focalise sur le Kenya avec la coopération de l’unité nationale anti-corruption du pays.

Les bureaux de l’unité Lahav 433 de la police israélienne. (Police israélienne)

En août dernier, Arison a été interrogée par la police pendant neuf heures sur son implication dans l’affaire. Arison et l’un de ses proches conseillers ont été libérés mais ils ont l’interdiction de quitter le pays ou de contacter quiconque en lien avec l’enquête.

Shikun & Binui a réalisé 1,8 milliard de dollars d’affaires en 2018 et dispose de 9 700 employés qui construisent des projets majeurs en Israël et à l’étranger. Dimanche, la police a dit qu’ils ont entendu 34 témoins dans l’enquête d’envergure internationale.

Les suspicions sont de grande ampleur et impliquent « la corruption de fonctionnaires étrangers, la falsification de documents de l’entreprise, le complot pour commettre un crime, l’obstruction de procédures légales, l’interdiction de blanchiment d’argent et des délits de mauvaise information avec le but de tromper un investisseur raisonnable selon la Loi des Sécurités », a déclaré la police dans un communiqué.

Les pots-de-vins étaient tellement importants que la police a dit que les responsables de l’entreprise ne pouvaient pas ignorer ce qui se passait, a annoncé la Douzième chaîne d’information.

L’interrogatoire d’Arison en 2018 est intervenu seulement deux mois après qu’elle a vendu ses parts de contrôle dans l’investisseur américano-israélien de l’immobilier Naty Saidoff pour 1,1 milliard de shekels (307 millions de dollars), un prix inférieur de 14 % à la valeur des actions, que les traders ont attribué aux suspicions de corruption.

Arison, qui détenait des parts dans Shikun & Binui depuis 22 ans avant la vente, a dit que sa décision faisait partie d’une stratégie de diversification des investissements dans le monde. Pourtant, les actions de l’entreprise de construction ont baissé de presque 23 % dans les 12 mois avant qu’elle ne les vende, alors que l’entreprise était embourbée dans l’enquête pour corruption.

La police a dit que l’affaire sera maintenant transmise au Bureau du Procureur général pour une analyse et pour décider s’il faut poursuivre ou non.

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