Rechercher

La procédure d’impeachment de Trump et l’American dream en filigranes

Alexander Vindman, dont la famille a fui l'antisémitisme de l'Union soviétique pour s'installer à New York quand il avait trois ans, a subi de vives attaques lors des auditions

Jennifer Williams, assistante du vice-président Mike Pence (à gauche) et adjointe du Conseil de sécurité nationale, le lieutenant-colonel Alexander Vindman, ont prêté serment devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants du Capitole à Washington, le mardi 19 novembre 2019, pendant l'audience publique de destitution du président Donald Trump. (Crédit : AP / Andrew Harnik)
Jennifer Williams, assistante du vice-président Mike Pence (à gauche) et adjointe du Conseil de sécurité nationale, le lieutenant-colonel Alexander Vindman, ont prêté serment devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants du Capitole à Washington, le mardi 19 novembre 2019, pendant l'audience publique de destitution du président Donald Trump. (Crédit : AP / Andrew Harnik)

« L’uniforme que je porte aujourd’hui est celui de l’armée américaine ». Témoin dans l’enquête en destitution contre Donald Trump, le lieutenant-colonel Vindman a repoussé en peu de mots les attaques de ceux qui mettent en cause sa loyauté parce qu’il est né à Kiev.

Comme lui, plusieurs des hauts responsables entendus ces derniers jours au Congrès des Etats-Unis incarnent l' »American Dream » : immigrés ou enfants d’immigrés, ils ont progressé jusqu’à atteindre des postes prestigieux au sein de l’administration, réalisant le « rêve américain » de leurs parents.

Tous ont affiché des états de service exemplaires, ainsi qu’un patriotisme nourri de reconnaissance pour le pays qui leur a offert la chance de progresser et, pour certains, un « refuge » face à l’oppression.

Cela n’a pas suffi à les protéger des rancoeurs suscitées par l’explosive procédure en destitution, initiée par les démocrates après que Donald Trump a demandé à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses potentiels adversaires à la présidentielle de 2020.

Alexander Vindman, dont la famille a fui l’antisémitisme de l’Union soviétique pour s’installer à New York quand il avait trois ans, a subi les attaques les plus vives.

Membre du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, il a témoigné mardi des pressions exercées sur Kiev par des proches du président. Pour le décrédibiliser, plusieurs partisans du président ont émis des doutes sur ses allégeances. Un commentateur invité sur la chaîne conservatrice Fox News est allé jusqu’à l’accuser d’être un « espion » à la solde de l’Ukraine.

Lors de son audition, un juriste au service des républicains l’a longuement interrogé sur le fait qu’un responsable ukrainien lui avait proposé de devenir ministre de la Défense à Kiev. L’officier a expliqué n’avoir jamais su si l’offre était sérieuse et avoir immédiatement décliné.

« Je suis américain », a-t-il martelé, en répétant s’être engagé dans l’armée des Etats-Unis pour « servir la Nation qui a offert un abri à ma famille face à l’oppression et à l’autoritarisme ».

« La grandeur de l’Amérique »

Deux jours plus tard, dans la même enceinte, son ancienne supérieure hiérarchique, Fiona Hill, a volé à son secours. « Presque tout le monde ici a des migrants dans sa famille, et c’est ce qui fait la grandeur de l’Amérique », a déclaré la responsable, elle-même née en Angleterre et devenue américaine « par choix » en 2002.

« Ce pays m’a offert des opportunités que je n’aurais jamais eues en Angleterre. J’ai grandi dans un milieu pauvre avec un accent très fort de la classe ouvrière. Dans les années 80 et 90, ça aurait freiné ma carrière », a confié Mme Hill.

Elle-même a été décrite par un site d’extrême droite comme une « gauchiste internationaliste et une taupe au service de George Soros » – le juif milliardaire philanthrope est souvent l’objet de campagnes antisémites.

George Soros, fondateur et président de l’Open Society Foundations, assiste à la réunion annuelle du Conseil européen des relations extérieures, à Paris, France, le 29 mai 2018. (François Mori/AP)

Mme Hill en a plaisanté mais s’est dite « furieuse » que l’ancienne ambassadrice à Kiev, Marie Yovanovitch, née au Canada de parents ayant fui les régimes soviétique et nazi, ait subi ce type d’attaques.

Visée par une campagne de dénigrement orchestrée par l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, la diplomate a été rappelée en mai aux Etats-Unis, ce qui, selon les démocrates, visait à laisser les coudées franches aux proches du président dans ce pays.

« Zélés »

Pendant son audition, Donald Trump l’a critiquée en direct sur son compte Twitter. C’est « intimidant », a sobrement commenté Mme Yovanovitch, après avoir elle aussi témoigné de sa « profonde gratitude envers les Etats-Unis » qui ont accueilli sa famille.

L’ambassadeur Gordon Sondland, dont les parents ont fui l’Allemagne nazie pour s’installer en Uruguay puis à Seattle, a également souligné avoir grandi dans une famille qui, « comme de nombreux immigrés », était « humble, dure à la peine et patriote ».

Dans un éditorial, Will Bunch, du journal Philadelphia Inquirer, a souligné « le thème subliminal » des auditions : l’histoire d’immigrés devenus « défenseurs zélés » des Etats-Unis.

« Les histoires de migrants entendues dans ces auditions sont parmi les plus fortes que l’on m’ait racontées », a abondé l’élu démocrate Adam Schiff en s’adressant à Mme Hill. « Vous, le docteur Vindman et les autres êtes le meilleur de ce pays ».

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.
Se connecter ou rejoindre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres de la Communauté qui payent un abonnement peuvent commenter les articles
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Seuls les membres de la Communauté du ToI peuvent commenter les articles.
Se connecter avec
check your email
Consultez vos emails
Nous vous avons envoyé un email à .
Il contient un lien pour vous connecter.
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.