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La Roumanie rend hommage aux Roms survivants de la Shoah

Bucarest ne débloque pas les indemnités qui sont dues à cette minorité, qui a officiellement été reconnue comme victime de la Shoah en 2006

Le président roumain Klaus Iohannis rend hommage à Traian Craciun, un survivant de la Shoah rom lors d'une cérémonie marquant le 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 2020, à Bucarest, en Roumanie. (Crédit : Andrei PUNGOVSCHI / AFP)
Le président roumain Klaus Iohannis rend hommage à Traian Craciun, un survivant de la Shoah rom lors d'une cérémonie marquant le 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 2020, à Bucarest, en Roumanie. (Crédit : Andrei PUNGOVSCHI / AFP)

Le président roumain Klaus Iohannis a rendu hommage lundi aux Roms victimes de la Shoah en décorant trois survivants et s’engageant à « anéantir les graines de la haine et de l’intolérance », lors d’une cérémonie marquant le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau.

« La Roumanie a compris l’ampleur des horreurs, a assumé cette page sombre et fait des démarches pour récupérer la mémoire de l’Holocauste », a déclaré M. Iohannis, alors que ce pays avait longtemps rejeté toute responsabilité sur l’Allemagne nazie.

Les trois survivants décorés, deux hommes et une femme, font partie des quelque 25 000 Roms déportés en 1942 en Transdniestrie sur ordre du maréchal pro-nazi roumain Ion Antonescu.

« En Transdniestrie nous n’avons connu que la mort et la misère », a confié Constantin Braila, qui était âgé de onze ans lorsqu’il fut déporté aux côtés de sa famille, dont six membres y ont péri.

Environ 11 000 Roms sont morts dans les camps de travail de cette région – tués par des maladies, par la faim et le froid ou abattus par des soldats, selon un rapport sur l’Holocauste en Roumanie rédigé par une commission internationale d’historiens dirigée par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel.

« Chacun des survivants représente une voix de l’humanité contre le racisme et la xénophobie », a estimé M. Iohannis, regrettant que les « terribles souffrances infligées aux Roms ne soient pas suffisamment connues ».

La Roumanie avait pour la première fois rendu hommage à des survivants roms en 2009, trois ans après que les membres de cette minorité ont officiellement été reconnus comme des victimes de la Shoah.

« Cette reconnaissance formelle est importante car elle permet de sensibiliser l’opinion au sort des Roms. Mais au-delà, nombre des rescapés sont toujours privés des indemnités qui leur sont dues », a indiqué à l’AFP l’historien Petre Matei qui bataille depuis plusieurs années contre la réticence des autorités locales à indemniser ces victimes.

M. Iohannis a également décoré lundi la Fédération des communautés juives de Roumanie, qui ne compte plus aujourd’hui que 7 000 membres, contre 800 000 entre les deux guerres, ainsi que deux instituts de recherches sur la Shoah.

Selon le rapport de la commission Wiesel rendu en 2003, entre 280 000 et 380 000 juifs roumains et ukrainiens sont morts sous le régime Antonescu entre 1940 et 1944 dans les territoires administrés par Bucarest.

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