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La Russie a déployé des systèmes de défense anti-aérienne S-300 en Syrie

Moscou affirme ne viser que les groupes jihadistes ; le Pentagone adresse une mise en garde voilée à Moscou contre toute utilisation de ces batteries contre les appareils américains

Des missiles S-300 pendant la parade de la Victoire sur la place rouge à Moscou, le 9 mai 2009. (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 3.0  via Wikimedia Commons)
Des missiles S-300 pendant la parade de la Victoire sur la place rouge à Moscou, le 9 mai 2009. (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 3.0 via Wikimedia Commons)

La Russie a déployé des systèmes de défense antiaérienne S-300 à Tartous, ville côtière du nord-ouest de la Syrie où elle possède des installations portuaires militaires, a annoncé mardi soir le ministère russe de la Défense.

Ces systèmes complètent de fait le dispositif de défense mis en place sur la base aérienne de Hmeimim (nord-ouest) avec l’arrivée en novembre 2015 de S-400 de dernière génération. Avec ses S-300 et ses S-400, la Russie s’assure une défense aérienne de ses deux points d’ancrage en Syrie, le port de Tartous et la base aérienne de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, où l’aviation russe dispose de dizaines de bombardiers, d’avions d’attaque au sol et d’hélicoptères.

« En effet, dans la République arabe syrienne, des systèmes de défense antiaérienne S-300 ont été déployés », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov.

« Ce système est conçu pour assurer la sécurité de la base navale de Tartous », a-t-il précisé. « Nous rappelons que le S-300 est un système uniquement défensif et qui ne menace personne ».

Ces batteries S-300 permettent notamment de répondre à la menace de missiles tirés depuis la mer Méditerranée.

Le Pentagone a réagi à l’annonce en s’interrogeant sur qui était l’adversaire que Moscou souhaite tenir à distance avec ces missiles.

Les extrémistes que la Russie veut combattre en Syrie, comme l’EI ou le Front Fateh al-Cham (ex Front Al-Nosra), n’ont « pas d’aviation », a relevé Peter Cook, porte-parole du Pentagone.

Le président russe Vladimir Poutine présidant une réunion sur l'amélioration des relations budgétaires, au Kremlin à Moscou le 26 septembre 2016 (Crédit : AFP PHOTO / SPUTNIK / Aleksey Nikolsky)
Le président russe Vladimir Poutine présidant une réunion sur l’amélioration des relations budgétaires, au Kremlin à Moscou le 26 septembre 2016 (Crédit : AFP PHOTO / SPUTNIK / Aleksey Nikolsky)

Celui-ci a adressé une mise en garde voilée à Moscou contre toute utilisation de ces batteries contre les appareils américains : « Il faut que ce soit clair pour les Russes et pour tous ceux qui opèrent en Syrie que nous prenons très au sérieux la sécurité de nos aviateurs », a-t-il souligné.

L’annonce de la Russie intervient au lendemain de la décision de Washington de suspendre ses pourparlers avec Moscou sur un cessez-le-feu en Syrie, annoncée après la destruction totale lundi du plus grand hôpital du secteur rebelle d’Alep dans un bombardement aérien.

Indéfectible alliée de Damas, la Russie est accusée par les Occidentaux de bombarder les rebelles en Syrie, notamment à Alep, dans des zones peuplées de civils.

De son côté, Moscou affirme ne viser que les groupes jihadistes.

La Russie a déjà déployé en novembre 2015 des systèmes de défense anti-aérienne S-400 sur la base aérienne de Hmeimim, destinés à « assurer la sécurité des vols de l’aviation de combat (russe) en Syrie », selon le président russe Vladimir Poutine.

Un conseiller pour la coopération militaire et technique du président russe, Vladimir Kojine, avait alors assuré qu’à l’issue de l’intervention militaire russe en Syrie, commencée le 30 septembre 2015, les S-400 ne seraient pas vendus à Damas.

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