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La Suisse ouvre un bureau humanitaire en Syrie

"Nous avons enfin des yeux et des oreilles à Damas", s'est félicité le délégué du gouvernement à l'aide humanitaire Manuel Bessler

Un enfant syrien porte un morceau de chou-fleur à la bouche, dans le camp pour personnes déplacées de Ashari, dans la région orientale de la Ghouta, en périphérie de Damas, le 25 octobre 2017.  (Crédit : AFP / Amer ALMOHIBANY)
Un enfant syrien porte un morceau de chou-fleur à la bouche, dans le camp pour personnes déplacées de Ashari, dans la région orientale de la Ghouta, en périphérie de Damas, le 25 octobre 2017. (Crédit : AFP / Amer ALMOHIBANY)

La Suisse a ouvert un « bureau humanitaire » à Damas en Syrie afin notamment d’améliorer l’acheminement de l’aide pour les plus vulnérables, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères helvétique.

Ce bureau a pour objectif « d’améliorer l’accès aux personnes en détresse et d’accompagner et de coordonner plus étroitement les projets » en Syrie, a indiqué le ministère dans un communiqué.

« Nous avons enfin des yeux et des oreilles à Damas », s’est félicité pour sa part le délégué du gouvernement à l’aide humanitaire Manuel Bessler sur les ondes de la radio suisse SRF.

A travers ce bureau, la Confédération entend à l’avenir à nouveau mettre en oeuvre ses propres projets en Syrie, comme la reconstruction d’hôpitaux, a-t-il expliqué.

Depuis la fermeture au printemps 2012 de l’ambassade de Suisse et du bureau suisse chargé du Développement et de la Coopération à Damas, l’engagement humanitaire de la Suisse dans la crise syrienne a été mis en oeuvre principalement par ses représentations dans les pays voisins (Jordanie, Liban, Turquie).

« La situation humanitaire en Syrie reste dramatique et le soutien de la communauté internationale, y compris de la Suisse, est plus que jamais nécessaire », souligne le ministère suisse dans le communiqué.

« A l’heure actuelle, cette situation est particulièrement évidente dans la Ghouta orientale, près de Damas, où la population souffre d’un manque de nourriture et de soins médicaux d’urgence », a-t-il ajouté.

Près de 400 000 personnes sont prises au piège dans la Ghouta, assiégée par le régime depuis la mi-2013 et où des cas de malnutrition ont été rapportés parmi les habitants, dont la moitié sont des enfants.

L’ONU demande en vain depuis des semaines de pouvoir évacuer de la Ghouta près de 500 malades, mais les humanitaires n’ont toujours pas reçu le feu vert de Damas. Au moins seize de ces malades sont décédés, a déclaré jeudi aux médias à Genève le chef du groupe de travail humanitaire de l’ONU pour la Syrie, Jan Egeland, détaillant notamment le décès par malnutrition d’un bébé de neuf mois.

Un nourrisson syrien souffrant de malnutrition sévère est pesée dans une clinique d’Hamouria, ville contrôlée parles rebelles, dans la région orientale de la Ghouta, en périphérie de Damas, le 21 octobre 2017. (Crédit : AFP / Amer ALMOHIBANY)

Ce bébé est décédé le 14 décembre, au dernier jour du dernier round des pourparlers de paix sur la Syrie à Genève, qui se sont achevés sur un nouvel échec, a-t-il dit, très ému.

Cette situation « doit prendre fin », a-t-il insisté.

« Comment pouvons-nous prendre des vacances et fêter Noël en paix (…) alors que ce sont les plus innocents (…) qui souffrent le plus, qui meurent non pas parce qu’il n’y a pas d’aide (à acheminer), non pas parce qu’il n’y a pas de personnes prêtes à se rendre sur place malgré le danger, mais parce qu’ils font partie d’un jeu de pouvoir entre hommes de pouvoir, armés et grassement nourris ? », a-t-il déploré.

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