En amont de la révélation du plan de paix américain, les spéculations dans les médias ont été quasiment innombrables. Le Times of Israël suit pour vous les événements :
Pompeo : « Les États arabes comprennent que les temps ont changé »
Dans une interview accordée à la Douzième chaîne, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’il pensait que la proposition de paix de l’administration ira de l’avant « peu importe qui sera élu » lors des élections du 2 mars.
Les extraits d’une interview avec Pompeo, qui doit être diffusée mercredi, ont été fournis en hébreu uniquement, et non en anglais.
Pompeo dit que le plan apportera paix et prospérité dans la région. « Les États arabes comprennent que les temps ont changé », a-t-il déclaré à propos du soutien arabe apparent à la proposition.
Concernant l’annexion, Pompeo déclare : « Les Israéliens prendront des décisions conformément à la loi israélienne. Nous avons vu comment les Israéliens traitent [légalement] la question des colonies, et ils trouvent toujours leur chemin. »
Aryeh Deri félicite Netanyahu et Trump
« Les droits du peuple israélien sur son territoire ont été reconnus ce soir ! », a déclaré le bureau du chef du Shas dans un communiqué.
« Shas félicite le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump pour la reconnaissance historique et émouvante des droits du peuple israélien sur la Terre d’Israël. »
Deri dit que Shas soutiendra l’annexion immédiate des territoires de Cisjordanie, qui sera soumise à un vote dimanche.
« Nous ne devons pas manquer cette opportunité historique et nous ne devons pas la retarder. »
Possibilité de transférer des villes arabes du « triangle » aux Palestiniens
La proposition de paix des États-Unis comprend une référence à la possibilité d’échanges de terres qui verraient les villes arabes israéliennes du « triangle » au sud-est de Haïfa remises sous contrôle palestinien – une possibilité qui a été rejetée depuis longtemps par les dirigeants arabes israéliens.
« Ces communautés, qui s’identifient en grande partie comme palestiniennes, ont été désignées à l’origine pour tomber sous contrôle jordanien lors des négociations de la ligne d’armistice de 1949, mais ont finalement été retenues par Israël pour des raisons militaires qui ont été atténuées depuis ».
Le plan « envisage la possibilité, sous réserve de l’accord des parties, que les frontières d’Israël soient redessinées de telle sorte que les communautés du Triangle fassent partie de l’État de Palestine ».
Le leader d’Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, qui prône un transfert de population depuis des années, a souligné cette clause et « se félicite que le président Trump… adopte mon plan de 2004 ».
Des chefs d’implantation soutiennent l’annexion, rejettent l’Etat palestinien
Les responsables de droite et les dirigeants d’implantations ont fait des déclarations similaires mardi, exprimant leur soutien total à l’annexion des implantations et de la vallée du Jourdain dès que possible, mais excluant tout État palestinien.
Ayalet Shaked de Yamina, le chef du Conseil régional de Samarie et le chef du Conseil régional de Har Hebron ont tous commenté en ce sens.
Heiko Maas : le plan US soulève des questions qui doivent être étudiées
Le ministre des Affaires étrangères allemand a réagi avec précaution au plan de paix pour le Moyen-Orient annoncé par le président américain Donald Trump, indiquant qu’il soulevait des questions qui doivent être traitées.
Heiko Maas a déclaré dans un communiqué que « seule une solution à deux Etats négociée, acceptable pour les deux parties peut conduire à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens ».
Il a ajouté que « sur cette base, il faut féliciter toute impulsion visant à relancer le processus de paix au Moyen-Orient, qui reste depuis longtemps dans l’impasse ».
Maas a ajouté que la proposition américaine « soulève des questions » que l’Allemagne étudiera avec ses partenaires européens. Ces questions, dit-il, comprennent l’implication des deux parties dans le processus de négociation et « sa relation avec les paramètres internationaux reconnus et les positions juridiques. »
Réactions de l’AIPAC et de J Street
L’AIPAC, le lobby pro-israélien américain, salue les efforts de Trump « pour présenter des idées pour résoudre le conflit » et qualifie le plan de base solide pour les négociations. Il exhorte les Palestiniens à « renoncer à la voie de la violence, du boycott et de la criminalisation au sein des forums internationaux et à reprendre les pourparlers de paix avec Israël ».
Le groupe de défense libéral J Street, quant à lui, dénonce le plan comme n’ayant « aucune chance de servir de base à une diplomatie renouvelée », ajoutant qu’il est « l’aboutissement logique des mesures répétées de mauvaise foi que cette administration a prises pour valider l’agenda de la politique israélienne de droite. »
« En approuvant la souveraineté israélienne sur de vastes portions de la Cisjordanie occupée, le président et son équipe semblent donner aux dirigeants israéliens le pouvoir de procéder à des annexions unilatérales qui violeraient de manière flagrante le droit international, fouleraient aux pieds les droits des Palestiniens et mettraient gravement en danger l’avenir d’Israël en tant que patrie démocratique pour le peuple juif. »
Odeh: le plan approuve la déchéance de nationalité des citoyens arabes d’Israël
Le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a déclaré que la potentielle redéfinition des frontières prévue par le plan de paix américain, transformera inévitablement certaines villes arabes en pans de Palestine.
« C’est l’objectif inévitable du programme raciste de Trump et de Bibi, un feu vert pour révoquer la citoyenneté de centaines de milliers de citoyens arabes palestiniens qui vivent dans le nord d’Israël. »
« Nous sommes à la croisée des chemins. Nous tous – Arabes et Juifs – qui croyons en la démocratie et en la paix devons décider de rester unis et de refuser que ces despotes dépouillent nos frères et sœurs de leur citoyenneté ».
Sissi appelle Israéliens et Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi »
L’Egypte a appelé mardi les Israéliens et les Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi » du plan de paix pour le Proche-Orient présenté par le président américain Donald Trump.
« L’Egypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine pour parvenir à la paix et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des Etats-Unis, pour une reprise des négociations », afin de parvenir à « une paix juste et globale » et « à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant », a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Les Emirats arabes unis saluent le plan Trump comme un « important point de départ »
Le plan de paix présenté mardi par Donald Trump est « un important point de départ pour un retour à la table des négociations », ont affirmé les Emirats arabes unis, saluant cette « initiative sérieuse ».
« Les Emirats arabes unis apprécient les efforts persistants des Etats-Unis pour parvenir à un accord de paix palestino-israélien », a déclaré leur ambassadeur à Washington Youssef al-Otaïba dans un communiqué diffusé sur Twitter.
Le diplomate émirati était, avec ses homologues d’Oman et de Bahreïn, un des représentants de pays arabes présent lorsque le président américain a dévoilé son plan à la Maison Blanche, en l’absence des Palestiniens.
« Maintenir le statu quo au mont du Temple mais autoriser la prière pour tous »
Le plan de paix américain stipule que le statu quo au mont du Temple à Jérusalem sera maintenu, mais que toutes les confessions devraient y être autorisés à prier – ce qui, en somme, est un amendement au statu quo.
Le plan indique que « le statu quo au mont du Temple/Haram al-Sharif devrait rester tel quel ». Le plan poursuit en indiquant que « les lieux saints de Jérusalem devraient rester ouverts et accessibles aux fidèles et aux touristes de toutes les religions. Les personnes de toutes confessions devraient pouvoir prier sur le mont du Temple/Haram al-Sharif, de manière pleinement respectueuse de leur religion ».
A l’heure actuelle, les Juifs et les chrétiens peuvent se rendre sur le mont du Temple, mais seuls les musulmans sont autorisés à y prier.
Ce décalage dans la formulation du plan de paix peut être imputé à une disposition concernant le statu quo, qui prévoit que « tous les lieux saints de Jérusalem soient soumis à la même gouvernance que le régime en vigueur ». Le maintien du statu quo ferait donc référence à la gouvernance de ces sites.
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