L’attentat meurtrier de dimanche confirme la montée du terrorisme en Cisjordanie
Le Hamas fait de son mieux pour fomenter la terreur en Cisjordanie, en partie pour détourner l'attention de la bande de Gaza et en partie pour nuire à l'Autorité palestinienne
Après le terrible attentat terroriste perpétré dimanche matin près de l’implantation d’Ariel en Cisjordanie, au cours duquel le soldat de Tsahal Gal Keidan a été assassiné et deux autres Israéliens ont été gravement blessés, dont le rabbin Achiad Ettinger qui a succombé à ses blessures lundi matin, aucune nouvelle positive ne se profile à l’horizon.
La motivation des groupes terroristes, des individus isolés ou des cellules indépendantes à perpétrer des attentats en Cisjordanie s’accroît. L’une des principales raisons relève de la volonté du Hamas d’embraser le territoire. (Au moment d’écrire ces lignes, il convient de souligner qu’il n’est pas du tout certain que le dernier attentat terroriste ait été perpétré par le Hamas).
La politique actuelle de l’organisation terroriste rappelle, d’une certaine manière, ironiquement, celle d’Israël dans le passé, qui consistait essentiellement à créer une séparation complète entre Gaza et la Cisjordanie.
Alors que le Hamas fait tout pour inciter les habitants de Cisjordanie à perpétrer des attentats terroristes, à l’inverse, dans la bande de Gaza, il est déterminé à maintenir le calme, même si cela implique un désaccord avec l’opinion locale ou le monde arabe au sens large, et même s’il faut parvenir avec « l’ennemi sioniste » à des accords économiques ou civils.
Dans la mesure où le Hamas craint un conflit militaire à grande échelle dans l’enclave côtière, l’organisation terroriste a plus de facilité à donner des ordres généraux en Cisjordanie pour mener des attaques terroristes, principalement parce qu’il sait que le gouvernement israélien actuel, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, blâmera Ramallah, pas Gaza.
Outre la motivation fondamentale du Hamas en faveur d’une escalade en Cisjordanie, dont le but, en plus de cibler les Israéliens, est d’affaiblir l’Autorité palestinienne, il existe d’autres motifs relativement nouveaux.
Le premier et le plus explosif d’entre eux est la décision d’un tribunal israélien d’imposer la fermeture de la Porte dorée au mont du Temple, l’endroit qui est déjà parvenu à semer l’agitation à Jérusalem-Est.
La porte de la Miséricorde, ou Porte dorée, connue en arabe sous le nom de Bab al-Rahma, a été condamnée par les autorités israéliennes en 2003 car le groupe gérant la zone était lié au Hamas. Sa fermeture demeure pour empêcher les travaux illégaux menés par le Waqf islamique, gardien du site qui agit au nom de la Jordanie et de l’Autorité palestinienne. Les responsables israéliens soutiennent que ces travaux ont conduit à la destruction d’antiquités datant des périodes de la présence juive dans la région.
Alors qu’Israël a envoyé un émissaire en Jordanie – le directeur du Shin Bet Nadav Argaman – pour tenter de résoudre la crise, il n’y a pas pour le moment d’accord sur les détails de l’arrangement qui permettrait une résolution. L’une des propositions avancées par la partie israélienne était d’annoncer que le site faisait l’objet de « rénovations », ce qui a conduit à sa fermeture pendant plusieurs mois. Mais le Waqf hésite encore à adopter cette proposition.
Le deuxième élément qui contribue aux tensions actuelles sont les manifestations contre le Hamas observées dans la bande Gaza, qui poussent le groupe terroriste à créer de plus en plus de diversions, telles que des attentats terroristes en Cisjordanie.
Le troisième élément est l’argent que l’Autorité palestinienne refuse d’accepter d’Israël, l’argent des impôts qui lui est dû, en réaction à la décision du gouvernement de Netanyahu de déduire de ces fonds les salaires versés aux familles des prisonniers et aux terroristes palestiniens qui ont été tués après avoir mené des attentats.
Tout cela indique que le calme ne sera pas rétabli au cours des prochains mois. Les responsables israéliens estiment qu’un refus prolongé de l’Autorité palestinienne d’accepter ses recettes fiscales pendant quatre mois nuira à son fonctionnement et affectera également la coordination sécuritaire.
L’examen de la courbe des attentats terroristes ou des activités terroristes déjouées au cours des dernières années montre une augmentation constante de la motivation en même temps qu’une amélioration de la capacité à les arrêter (en partie grâce à la coordination sécuritaire avec l’Autorité palestinienne). Cela signifie que le calme relatif en Cisjordanie est profondément fragile, voire totalement illusoire.
Par exemple, les responsables israéliens affirment qu’un peu plus de 200 attaques terroristes ont été évitées en 2015, environ 350 en 2016, autour de 400 en 2017 et près de 600 en 2018. Jusqu’à présent, en 2019, près de 100 attentats terroristes ont été déjoués – et il ne s’agit uniquement que des attentats définis comme graves : fusillades, explosifs, voitures-bélier et autres attentats de ce type. En d’autres termes, les terroristes tentent de perpétrer toujours plus d’attentats chaque année, et leur motivation reste élevée. Dimanche, ils y sont parvenus.
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