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Le chef de la diplomatie iranienne rencontre Erdogan à Ankara

La rencontre a notamment porté sur "les relations bilatérales et la coopération régionale face au comportement malveillant des Etats-Unis", selon Mohammad Javad Zarif

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 28 avril 2018. (Crédit :  AFP PHOTO / Alexander NEMENOV)
Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 28 avril 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Alexander NEMENOV)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a rencontré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan pour évoquer notamment le sort de la Syrie et les Etats-Unis, lors d’un déplacement surprise à Ankara, a rapporté la présidence turque.

M. Zarif et M. Erdogan se sont entretenus pendant une heure au siège de la formation au pouvoir en Turquie, le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, sur fond de tensions en Syrie où le régime, soutenu par Téhéran et Moscou, veut lancer une offensive sur Idleb (nord-ouest), ultime grand bastion des rebelles appuyés par Ankara.

Les « relations bilatérales … (et) la Syrie » étaient à l’ordre du jour, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, également présent lors de l’entretien, cité par l’agence de presse étatique Anadolu.

Les discussions ont été « fructueuses », a écrit sur Twitter M. Zarif.

La rencontre a notamment porté sur « les relations bilatérales et la coopération régionale face au comportement malveillant des Etats-Unis », a t-il précisé.

Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’Iran a vivement soutenu la Turquie frappée ces dernières semaines par des sanctions américaines ayant précipité l’effondrement de la livre turque.

Le sort de la province d’Idleb a quant à lui suscité ces derniers jours l’inquiétude des Occidentaux, qui ont mis en garde mardi contre les « conséquences catastrophiques » d’une offensive militaire, à l’occasion d’une réunion consacrée à la situation humanitaire en Syrie à l’ONU.

La Turquie a elle aussi tiré la sonnette d’alarme, M. Cavusoglu mettant en garde la semaine dernière contre une « solution militaire » à Idleb qui, selon lui, causerait « une catastrophe ».

Ankara redoute notamment un afflux de réfugiés en cas d’offensive de grande ampleur sur cette province dont la population a explosé ces dernières années au fil des « évacuations » d’autres poches rebelles reprises par les forces du président syrien Bachar al-Assad.

Le régime de Damas ambitionne de reconquérir cette région frontalière de la Turquie et dominée à 60 % par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l’ex-branche d’Al-Qaïda). Elle compte également une multitude de groupes rebelles.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré mercredi espérer que les pays occidentaux n’allaient pas « entraver l’opération antiterroriste » à Idleb.

Cette région fait aussi partie des « zones de désescalade » mises en place en Syrie à l’issue des négociations de paix d’Astana, parrainées par la Russie, la Turquie et l’Iran, trois acteurs incontournables dans ce dossier.

La Turquie, qui a déployé des troupes dans le nord de la Syrie, a notamment érigé 12 « postes d’observation » dans la province d’Idleb dans le cadre de ces « zones de désescalade ».

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