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Le conseil religieux de Jérusalem refuse l’usage du mikvé sans surveillance

Un juge a dit que la demande du tribunal de Jérusalem d'exiger que les femmes signent une décharge peut les avoir dissuadées de se plonger dans un bain rituel sans surveillance

Iillustration : un Mikveh à Har Nof, Jérusalem. 12 mai 2013. (Uri Lenz/FLASH90)
Iillustration : un Mikveh à Har Nof, Jérusalem. 12 mai 2013. (Uri Lenz/FLASH90)

Un tribunal de Jérusalem a statué mardi que le Conseil religieux de Jérusalem dissuadait les femmes de s’immerger dans un mikvé, ou bain rituel, sans la présence d’une surveillante.

L’année dernière, la Cour suprême avait statué que les femmes avaient le droit de refuser la supervision d’une surveillante, appelée « balanit », lorsqu’elles s’immergeaient dans le bain rituel. Jusqu’à cette décision, la présence d’une surveillante pendant le processus d’immersion était obligatoire pour les femmes.

Cependant, à Jérusalem, les femmes ont été forcées de signer une décharge avant d’être autorisées à se tremper seules. Le formulaire demandait aux femmes de renoncer à toute réclamation légale contre le mikvé et d’accepter la responsabilité juridique pour les dommages qui pourraient résulter de l’immersion. On a également demandé aux femmes de signer le formulaire avec leur nom complet, leur numéro de carte d’identité et la date à laquelle elles sont entrées dans le mikvé.

L’organisation ITIM Jewish Advocacy s’est adressée aux tribunaux pour protester contre le fait que la décharge visait à intimider les femmes et à les empêcher de s’immerger sans qu’une autre femme ne les surveille.

Le rabbin Seth Farber, fondateur et directeur d’Itim. (Crédit : autorisation ITIM)

Le ministère des Affaires religieuses avait critiqué la décharge dans une lettre envoyée en juillet dernier. Nous pensons que l’intention de ce document est de dissuader les femmes de s’immerger sans la présence d’une balanit », lit-on dans la lettre. « Cela porte atteinte au droit des femmes à leur vie privée. »

Le juge Oded Shaham, du tribunal de district de Jérusalem, n’a pas accepté l’affirmation du conseil de Jérusalem selon laquelle la formule l’exonérait de toute responsabilité si quoi que ce soit arrivait lorsque la femme était seule dans l’eau.

Il a suggéré que le conseil religieux mette immédiatement fin à la procédure, et ses délégués ont accepté de le faire.

Le rabbin Seth Farber, directeur de l’ITIM, a salué la décision du tribunal. « C’est un bel exemple de la façon dont les institutions démocratiques israéliennes peuvent aider à réguler la radicalisation qui se produit dans le monde religieux », a-t-il déclaré.

La question de l’immersion rituelle féminine est une question extrêmement personnelle : elle concerne le cycle menstruel et influe directement sur la question de savoir si un mari et sa femme sont autorisés à avoir des relations sexuelles dans le cadre de la halacha ou de la loi juive. En tant que tel, c’est un sujet qui est très délicatement abordé dans les cercles religieux, voire pas du tout. (Tandis que certains hommes se purifient aussi rituellement, l’immersion masculine dans le mikvé n’a généralement pas le caractère halachique de l’immersion féminine.)

Illustration : Immersion dans un mikvé avec une balanit. (Mayyim Hayyim/Tom Kates via JTA)

Bien qu’il soit techniquement permis dans les limites de la halacha pour une femme de plonger seule, les rigoristes recommandent qu’elle le fasse en présence d’une balanit, qui peut garantir qu’elle est entièrement sous l’eau.

Parce que le mariage en Israël se fait exclusivement par l’intermédiaire du Grand Rabbinat, les cérémonies pour les Juifs de toutes obédiences sont conformes à la loi orthodoxe. L’une des conditions préalables est que les futures mariées doivent aller au mikvé et fournir des documents écrits attestant qu’elles ont été immergées et qu’elles sont maintenant rituellement permises à leurs futurs maris.

Le Eden Center, une initiative de mikveh basée à Jérusalem, estime que 30 000 femmes visitent régulièrement un mikvé dans la région de Jérusalem et que 750 000 s’y rendent dans tout le pays. La plupart de celles qui s’immergent chaque mois sont religieuses, bien que certaines femmes moins respectueuses apprécient aussi le rituel, et c’est depuis longtemps un symbole qui relie les familles à la tradition juive. Pour certaines, c’est un choix qu’elles font pour satisfaire leurs partenaires plus religieux.

Yaakov Schwartz a contribué à cet article.

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