Le directeur de la CIA critique la “répugnante” comparaison nazie de Trump
La querelle se poursuit entre le président élu et les Renseignements américains à propos de l’influence de Moscou sur les élections de 2016
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Le directeur sortant de la CIA, John Brennan, a vivement critiqué le président américain élu Donald Trump, pour avoir accusé l’agence de renseignement d’avoir fait fuiter des informations nuisibles à son sujet. Pour Trump, ces méthodes relevaient de celles utilisées par « l’Allemagne nazie ».
Deux jours après avoir affirmé que Trump ne « comprenait pas vraiment les intérêts de sécurité nationale », Brennan a fustigé l’utilisation d’une métaphore nazie par le futur président pour critiquer la communauté des renseignements.
« Dites à la famille de ces 117 agents de la CIA dont le nom est pour toujours inscrit sur notre mur d’honneur que leurs proches et qui ont donné leurs vies, qu’ils sont comparables aux nazis. Dites aux agents de la CIA qui risquent leurs vies en ce moment et à leurs familles qui s’inquiètent pour eux qu’ils sont comparables à l’Allemagne nazie », a tonné lundi Brennan dans les colonnes du Wall Street Journal.
« Je trouve que cela est vraiment répugnant, et je défendrais toujours l’intégrité et le patriotisme de mes agents qui ont fait, au fil des ans, tant de sacrifice pour leurs concitoyens. » a-t-il ajouté.
Trump a suggéré que la communauté des renseignements « voulait sa peau », notamment par la publication d’un document contenant des informations financières et personnelles potentiellement nuisibles, mais non vérifiées.
Intelligence agencies should never have allowed this fake news to "leak" into the public. One last shot at me.Are we living in Nazi Germany?
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) January 11, 2017
Dimanche, pendant un entretien accordé à Fox News, Brennan avait déclaré que la comparaison était « scandaleuse ». Il avait également donné sa justification de la publication de ces documents: « la communauté des renseignements voulait simplement que le président élu sache que le document circulait dans les médias ».
Pendant un entretien avec le Wall Street Journal, Brennan a déclaré que les propos de Trump dépassaient les bornes.
« Tout d’abord, ce ne sont pas des informations de la communauté des renseignements », a-t-il déclaré, mais des informations qui avaient été portées à son attention par des médias.
« Je pense que c’est le droit, et même la responsabilité, du président des Etats-Unis de remettre en cause les conclusions de la communauté du renseignement », a déclaré Brennan. « Nous n’attendons pas que nos informations et nos évaluations soient avalées toutes crues », a-t-il déclaré. Mais « quand des accusations sont portées sur la base de telles fuites, [et qu’il en déduit] de la malhonnêteté ou un manque d’intégrité, à ce moment, je pense que la limite est franchie. »
Le futur président s’est opposé aux affirmations des agences de renseignements américaines qui pensent que la Russie a tenté de faire basculer l’élection présidentielle de 2016 en sa faveur.
Trump deviendra vendredi le 45e président des Etats-Unis.
Dimanche, Brennan a accusé Trump de ne pas suffisamment comprendre la menace que Moscou fait peser sur les Etats-Unis, donnant ainsi une sorte de leçon publique au président élu.
« A présent il va avoir l’opportunité de faire quelque chose pour notre sécurité nationale au lieu de simplement parler et de twitter. Il va porter la responsabilité considérable de garantir que les Etats-Unis et les intérêts de sécurité nationale soient protégés », a déclaré Brennan sur Fox News dimanche. Il a ajouté que l’impulsivité du président élu pouvait être dangereuse.
« La spontanéité n’est pas ce qui protège les intérêts de sécurité nationale », a affirmé Brennan.
Après les propos de Brennan sur Fox News, Trump s’est demandé, sur Twitter, si Brennan lui-même n’était responsable de la fuite du dossier d’accusations contre lui réalisé par ses opposants politiques. Il a suggéré que Brennan pouvait être « la taupe à l’origine des fausses infos ».
much worse – just look at Syria (red line), Crimea, Ukraine and the build-up of Russian nukes. Not good! Was this the leaker of Fake News?
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) January 16, 2017
Dans l’entretien publié lundi par le Wall Street Journal, Brennan a affirmé ne pas être responsable de la fuite.
Des agences ont contribué à cet article.
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