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Le plus puissant temple d’Égypte antique exposé à Grenoble

L'exposition s'articule autour de la collection d'antiquités égyptiennes détenue depuis le XIXe siècle par le musée de Grenoble, qui a noué un partenariat avec le Louvre

« Servir les Dieux d’Égypte » : le musée de Grenoble présente jusqu’en janvier 2019 quelque 270 objets issus de la cité égyptienne de Thèbes, qui se structurait il y a 3 000 ans autour du temple divin de Karnak, jadis le plus puissant du pays.

L’exposition aborde le fonctionnement de la société thébaine durant la méconnue Troisième période intermédiaire (1069-655 avant J-C), à travers le rôle administratif prépondérant joué par les prêtres, les « divines adoratrices » et les chanteuses d’Amon qui régissaient ce centre politique et économique majeur.

Déployée en quatre temps et sur 1 500 m2, sa scénographie moderne s’articule autour de la collection d’antiquités égyptiennes détenue depuis le XIXe siècle par le musée de Grenoble, qui s’est rapproché il y a quatre ans du Louvre pour nouer un partenariat.

Au total, 200 des 270 pièces exposées ont été prêtées par le Louvre, certaines jamais vues, mais aussi par une poignée d’autres musées européens, dont le British Museum de Londres ou le Kunsthistorisches de Vienne.

Cette exposition à la fois pointue et généreuse rassemble des lots qui avaient été dispersés au XIXe Siècle, à une époque où le rythme de découverte d’antiquités en Égypte était tel que le gouvernement égyptien, dépassé, avait consenti à en faire don d’une partie.

« Le musée du Caire recevait des milliers de pièces qui, faute d’y trouver une place, faisaient par exemple l’objet de cadeaux diplomatiques », précise Florence Gombert-Meurice, la commissaire de l’exposition, par ailleurs conservateur en chef du patrimoine au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre.

Le visiteur découvre ainsi pour la première fois rassemblés les cercueils des membres d’une même famille, celle de Pamy, dont les liens ont été mis au jour par de récentes recherches.

« J’avais depuis quelques temps déjà le souhait de remettre en lumière notre collection – riche de 400 pièces, dont 12 cercueils ou fragments. Elle était présentée jusque-là de façon antipédagogique », explique le directeur du musée de Grenoble Guy Tosatto.

« Avec l’idée de la présenter à nouveau en 2022, à l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par le savant grenoblois Jean-François Champollion », ajoute-t-il.

Un papyru empli de hiéroglyphes dans l’exposition « Servir les dieux d’Egypte, au musée de Grenoble, le 23 octobre 2018. (Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

L’exposition, qui fait voyager le visiteur des deux côtés du Nil, et notamment dans la nécropole de Thèbes, embrasse la question centrale du rôle des femmes dans le temple, de ces « maîtresses de maison » qui formaient avec les membres masculins du clergé un contre-pouvoir important à celui des Pharaons.

« Ces prêtresses étaient des filles de rois qui étaient envoyées à Thèbes pour tenir le rôle symbolique d’épouse du Dieu Amon », explique Mme Gombert-Meurice.

L’exposition s’achèvera le 27 janvier prochain.

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