Le policier qui a abattu un Israélien éthiopien a été libéré lundi
La famille de Solomon Tekah est en colère concernant les charges retenues contre le policier, qui n'est pas accusé d'homicide involontaire

Un policier dont l’assassinat d’un jeune Israélien d’origine éthiopienne de 19 ans a déclenché des manifestations dans tout le pays a été libéré de son assignation à résidence lundi, mais fait face à des restrictions imposées par le tribunal en raison des accusations probables d’homicide par imprudence.
Le suspect se voit interdire l’accès au poste de police de Zevulun pendant 45 jours et ne peut se rendre sur les lieux de l’assassinat. Un représentant du Département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a déclaré au tribunal de première instance de Haïfa qu’aucune décision n’avait encore été prise quant à l’autorisation de retour au travail de l’agent, a rapporté la Treizième chaîne d’information.
L’officier, qui n’a pas été nommé publiquement, n’était pas en service lorsqu’il a abattu Solomon Tekah le 30 juin à Haïfa. Il a prétendu qu’il essayait de mettre fin à un combat de rue, mais qu’il a été attaqué par trois jeunes qui lui ont jeté des pierres, mettant sa vie en danger. Il a affirmé qu’il n’avait pas pris Tekah pour cible et qu’il avait plutôt tiré au sol.
On s’attend à ce que le policier soit accusé d’homicide par imprudence, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 12 ans d’emprisonnement. Cette nouvelle catégorisation, qui a vu le jour il y a cinq jours dans le cadre d’une réforme du système judiciaire, s’applique lorsqu’on croit qu’un suspect a pris un risque déraisonnable, mais sans intention de causer la mort – comme par exemple, jouer avec une arme chargée ou conduire dangereusement.
Selon les médias israéliens, le Département des enquêtes internes de la police a déclaré lundi que l’enquête sur les tirs était terminée et que l’affaire avait été transférée au bureau du Procureur de l’Etat.
La famille Tekah a réagi lundi au déclassement attendu de l’infraction d’homicide involontaire à homicide par imprudence, en affirmant : « Toute la famille cherche à ce que la vérité soit découverte et que justice soit faite, et malheureusement les décisions du Département des enquêtes internes de la police et du ministère public dans leurs déclarations publiques montrent une tendance à attribuer une responsabilité réduite à un policier qui a tué notre être cher dans la force de l’âge. »
L’avocat de la famille a également déploré le fait que la modification de la loi signifiait que le policier pouvait faire face à des accusations moins graves et a déclaré que la libération de ce dernier était une « continuation directe de la conduite inadmissible » des responsables.
L’enquête sur la fusillade aurait jusqu’à présent corroboré la version des faits de l’officier.
La semaine dernière, la Douzième chaîne a rapporté que l’ADN de Tekah avait été découvert sur une pierre retrouvée sur les lieux, ce qui pourrait indiquer que Tekah a lancé ou au moins tenu la pierre avant d’être abattu, et pourrait renforcer le dossier de l’agent de police.
Le Département des enquêtes internes de la police a indiqué que l’enquête sur la mort de Tekah a conclu que l’officier avait effectivement tiré au sol et que la balle a apparemment ricoché et touché Tekah.
La responsable du Département des enquêtes internes de la police, Keren Bar Menachem, a rencontré la semaine dernière les avocats de la famille et des proches de Tekah au ministère de la Justice à Jérusalem, où elle les a informés des progrès de l’enquête. Les avocats de la famille ont demandé à voir les rapports médico-légaux et les résultats de l’autopsie de Tekah et ont été informés que la demande serait prise en considération et qu’une réponse serait donnée prochainement, ont rapporté les médias israéliens.
L’incident de la fusillade a immédiatement déclenché de nouvelles accusations de brutalité policière et de racisme à l’égard de la communauté éthiopienne. Quelques jours après les tirs, des manifestants ont bloqué des routes, brûlé des pneus et dénoncé ce qu’ils ont qualifié de discrimination systémique contre les Israéliens d’origine éthiopienne.
Les manifestations se sont intensifiées après les funérailles de Tekah, lorsque des manifestants ont incendié des véhicules, renversé une voiture de police et ont affronté des policiers qui ont tenté de briser leurs barrages routiers de fortune.
Les manifestations se sont estompées après que la famille de Tekah a demandé qu’elles cessent jusqu’à la fin de la période de deuil juif de sept jours, qui s’est terminée la semaine dernière. La famille a également demandé que les futures manifestations restent non-violentes.
la Communauté du Times of Israël !