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Le secrétaire d’Etat Gabriel Attal visé par un site antisémite et homophobe

Le plus jeune membre du gouvernement français, qui avait été "outé" par l'avocat de J.-L. Mélenchon, s'est vu apposer une étoile jaune par le site Démocratie participative

Gabriel Attal, ex-porte-parole de la République en Marche et député des Hauts-de-Seine, aujourd'hui secrétaire d'Etat du gouvernement Philippe. (Capture d'écran Twitter)
Gabriel Attal, ex-porte-parole de la République en Marche et député des Hauts-de-Seine, aujourd'hui secrétaire d'Etat du gouvernement Philippe. (Capture d'écran Twitter)

Le 17 octobre dernier un site Internet habitué aux articles ouvertement antisémites, racistes et homophobes s’est attaqué à Gabriel Attal, 29 ans, nouveau secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Education nationale Jean-Marie Blanquer, et plus jeune membre d’un gouvernement de la 5e République.

L’article faisait référence à la fois à la judéité supposée de Gabriel Attal et à son « outing » récent par l’avocat de Jean-Luc Mélenchon. Me Juan Branco avait dans un tweet écrit le message suivant :

« Sympathique promotion-canapé pour Attal, pacsé à la ville avec le conseiller politique de Macron qui récupère sans autre raisons un maroquin ministériel. Tout Paris le sait, mais il paraît que ces choses-là ne se disent pas. Il ne faudrait pas brusquer notre si chère endogamie ».

Dans la continuité de cette déclaration, le site « Démocratie participative » a ainsi titré son article, en l’illustrant d’une photo d’Attal à laquelle est accolée une étoile jaune où l’on peut lire le mot « jude »:

« L’avocat de Mélenchon dénonce le petit youpin sodomite Gabriel Attal, nommé au gouvernement parce qu’il baise avec le conseiller de Macron ».

Le site est un habitué du genre, et le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a essayé en vain à plusieurs reprise de le bloquer, notamment suite aux attaques de Lucienne Nayet, et de Me Dreyfus.

Le BNVCA rappelle que suite à ses plaintes Boris le Lay, qu’il a identifié comme le responsable de ce site, « avait déjà été condamné en 2013 à 1 an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende par le Tribunal de Quimper, confirmé par la Cour d’Appel. Déjà en 2016, il cumulait une douzaine de condamnations mais son site de haine était maintenu ».

Fin août, le parquet de Grenoble avait ouvert une information judiciaire après la publication quelques jours plus tôt sur ce site de propos antisémites visant Denis Dreyfus, l’avocat de la famille d’un jeune homme tué à la sortie d’une discothèque près de Grenoble.

Le même site, et d’une manière toujours aussi provocante et grossière avait ciblé l’enfant cachée Lucienne Nayet.

Nayet, présidente du réseau des Musées de la Résistance nationale née le 4 août 1941, dont le père est mort à Auschwitz, a été cachée durant la guerre à Pouzaugues en Vendée, chez un prêtre pendant quatre ans. Elle a été ciblé par un article du meme site intitulé:

« Lourdes: la youpine fanatique Lucienne Nayet incite à la haine anti-blanche dans une école ». Une étoile jaune accompagné le photo-montage. Extrait de l’article:

« Cette vieille youpine fanatique est gorgée d’une haine sémitique écumante et génocidaire. Et son arme, comme toujours, est le mensonge pour porter la confusion dans les esprits de sa victime à son paroxysme. A charge, ensuite, pour les masses de nègres et de crouilles de faire ce qu’elles font naturellement : violer, voler, tuer, brutaliser ».

Une vague de soutiens, notamment issu du parti communiste français et du milieu associatif avait alors condamné avec force cet article antisémite.

Il y a quelques jours, le procureur de la République de Paris a assigné en référé les opérateurs de télécoms pour qu’ils bloquent le site internet d’extrême droite publiant des contenus haineux à caractère raciste, antisémite et homophobe, une démarche inédite, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.

Neuf opérateurs, dont les quatre principaux : SFR, Orange, Free et Bouygues Telecom, sont assignés le 8 novembre à 14h au tribunal de grande instance de Paris dans le cadre de cette procédure d’urgence.

Le procureur demande au juge des référés de constater le trouble manifestement illicite causé selon lui par le site « Démocratie participative » et d’ordonner aux fournisseurs d’accès internet de bloquer l’accès à ce site, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard à compter de la date d’expiration de ce délai.

C’est la première fois que le parquet de Paris demande le blocage d’un site par cette voie procédurale, selon cette source.

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