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Le sénateur Graham menace de stopper le financement de l’ONU

Le futur candidat à la présidence américaine jure de défendre coûte que coûte les intérêts d’Israël dans les forums internationaux

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon avec le sénateur américain Lindsey Graham, le 27 mai 2015 (Crédit : Diana Hananshvili / Ministère de la Défense)
Le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon avec le sénateur américain Lindsey Graham, le 27 mai 2015 (Crédit : Diana Hananshvili / Ministère de la Défense)

Un haut législateur des États-Unis et candidat aux primaires préalables à la présidentielle a menacé mercredi de « s’opposer violemment » à tout pays qui soutiendrait une résolution appelant à la création d’un Etat palestinien au Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a également averti que le rapport de l’ONU assimilant les possibles crimes d’Israël contre les enfants et ceux de Boko Haram était un « outrage qui ne resterait pas sans réponse ».

Intervenant depuis Jérusalem, le sénateur Lindsey Graham (R-SC) a également indiqué qu’il allait travailler à suspendre le financement américain à l’ONU, en représailles contre une telle résolution, et a promis qu’il y aurait une opposition bipartisane au Congrès contre toute action onusienne de ce genre.

La France a annoncé à de nombreuses reprises son intention de proposer une résolution devant le Conseil de sécurité pour appeler à la création rapide d’un Etat palestinien sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Il est prévu qu’elle présente une telle résolution dans les prochains jours.

« Si il y a un quelconque effort de toute nation pour que le Conseil de sécurité définissent les termes du processus de paix, il y aura, alors, une réaction violente du Congrès des Etats-Unis d’une manière bipartisane », a déclaré Graham aux journalistes lors d’une conférence de presse.

« Je suis ici pour faire comprendre à nos alliés israéliens qu’il y aura un soutien républicain et démocrate pour arrêter [une telle résolution] », a-t-il poursuivi, en se référant à « l’effort français ou l’effort de quelque autre nation pour prendre le pas sur le processus de paix ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le sénateur américain Lindsey Graham, à Jérusalem, le 27 mai 2015 (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le sénateur américain Lindsey Graham, à Jérusalem, le 27 mai 2015 (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

En tant que président du sous-comité du Sénat en charge des crédits de l’Etat sur les opérations étrangères et les programmes connexes, Graham est « en charge de l’argent que nous fournissons » à l’ONU, a-t-il précisé. « Si les Nations unies, à travers le Conseil de sécurité, adoptent une position pour définir les termes du processus de paix, alors je conduirais un effort au Congrès pour suspendre notre financement. » Les Etats-Unis contribuent à environ un quart du financement des Nations unies.

Il a même promis de « s’opposer violemment » aux Palestiniens ou à tout Etat qui essaierait de soumettre des soldats israéliens à un procès pour crimes de guerre devant la Cour pénale internationale alors qu’ils n’ont fait que défendre leur pays.

Dans ses commentaires, Graham a noté avec amertume que l’ONU hésitait à publier un rapport critiquant le traitement par Israël des enfants de Gaza ainsi que le traitement des enfants par le groupe djihadiste Boko Haram.

« Il y a un rapport qui peut sortir n’importe quel jour maintenant, où l’organisation des Nations unies met l’Etat d’Israël dans la même catégorie que Boko Haram en ce qui concerne les crimes contre les enfants », s’est-il insurgé. « Si jamais cela arrive, si les Nations unies ont embrassé un rapport mettant l’Etat d’Israël dans la même catégorie que des organisations terroristes au sujet de la façon dont ils traitent les gens innocents, en particulier les enfants, cela sera un scandale qui ne restera sans réponse. »

Graham, connu pour son approche belliciste de la politique étrangère et sa position pro-Israël, devrait annoncer sa candidature à la présidence lundi.

Il a déclaré mercredi qu’il était un « internationaliste, et non pas un isolationniste » et veut faire partie d’une communauté internationale qui peut gouverner le monde et qui peut vaincre l’islam radical.

Il ne tolérerait aucun effort pour utiliser l’ONU ou la Cour pénale internationale contre Israël, a-t-il souligné.

« Je ne vais pas demander au contribuable américain de financer une organisation qui sera utilisée pour marginaliser l’un de nos amis les plus proches, l’Etat d’Israël », a-t-il affirmé.

Graham, qui s’est rendu des dizaines de fois en Israël, a expliqué qu’il soutenait le principe d’une solution à deux Etats, à partir du moment où la survie d’Israël est garantie. « La solution à deux Etats, à mon avis, permettrait aux Palestiniens de vivre dans la dignité, avec la souveraineté sur leurs affaires intérieures. Mais il serait fondé de telle façon qu’Israël ne perdra jamais le sommeil en raison de ce nouvel Etat qui serait capable de détruire l’Etat d’Israël. »

Au cours de son voyage de deux jours en Israël, le sénateur de la Caroline du Sud a rencontré le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, le chef de l’opposition, Isaac Herzog, et le ministre de l’Education, Naftali Bennett. Le député originaire des Etats-Unis, Michael Oren, a accompagné Graham lors d’une visite guidée.

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