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Le spiritualité juive fait aussi sa rentrée littéraire

Ruby Namdar a monté les pages de son dernier roman La maison de ruines à la manière des antiques pages du Talmud

Ruby Namdar (Crédit : JTA)
Ruby Namdar (Crédit : JTA)

Les commentaires sont dans les marges et encadrent le récit du dernier roman de l’Israélien Rudy Namar, La maison de ruines, paru à temps en français pour la rentrée littéraire. Une présentation originale pour un roman qui aborde l’air de rien les rivages de la métaphysique.

D’origine perse, Namar cultive une « âme religieuse, » dit-il dans Le Monde des religions, une fièvre qui l’a pris et ne l’a « jamais quitté depuis ». Et ce, depuis son enfance et ses rares incursions dans la synagogue de son quartier, où les livres de prières le fascinaient.

Dans son dernier roman La maison de ruines, il explore la « nature mythologique et surnaturelle du Temple » de Jérusalem, et ses aspects païens.

Abordant les rives de la métaphysique, il évoque aussi l’idée de réincarnation dans la tradition juive : « Beaucoup de gens ne réalisent pas que la métempsychose est un thème majeur dans les divers courants de la religion juive, explique l’auteur qui habite aujourd’hui à New York. Tous ne s’accordent pas sur cette notion, mais le hassidisme ou la kabbale, par exemple, lui font une grande place ».

Il explique également ce choix étrange d’agencer les pages de son roman comme celle d’une page du Talmud, au centre le texte principal, entouré de différentes strates de commentaires, traductions et références.

« J’ai pris la décision de cette mise en page si particulière, rappelant les vieux ouvrages hébraïques, avec les textes en marge en haut, en bas, sur les côtés… pour créer un magnétisme bipolaire entre le texte rituel ancien et le roman contemporain, » explique-t-il.

« Cette mise en page donne une dimension esthétique au texte qui permet de comprendre qu’il existe une réalité sous la réalité, et cela fait partie de l’expérience du lecteur. J’ai fait en sorte qu’on puisse ne pas lire ces passages tout en conservant une expérience littéraire complète. Mais ceux qui feront l’effort de se pencher sur ces paragraphes auront accès à une compréhension plus complexe du récit ».

La Maison de ruines, Ruby Namdar, Belfond.

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