Le système financier du FN tenu par la frange la plus extrême, selon un livre-enquête
Deux journalistes de Médiapart signent un livre-enquête sur le Front National et mettent, en partie, à jour les montages financiers mis en place par les proches de Marine Le Pen
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Marine Turchi et Mathieu Destal, deux journalistes de Médiapart ont mené une longue investigation sur les finances du Front National. Résultat : un livre-enquête intitulé Marine est au courant de tout, écrit pour battre en brèche la défense systématique de la présidente du FN (« je ne suis au courant de rien ! ») face aux accusations de financement illégal de son parti.
« Alors que Marine Le Pen explique qu’elle n’est pas au courant du financement des campagnes, on montre qu’elle est au courant de tout des montages Jeanne-Riwal (du nom de son micro-parti et d’une boîte de communication de Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen soupçonné de sur-facturation] et de certaines ficelles financières dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen » affirme Marine Turchi sur France-Inter.
« Toutes les campagnes du Front National sous la présidence de Marine Le Pen font l’objet d’enquêtes judiciaires, même si on en parle moins parce que ce sont des montages compliqués, » explique-t-elle.
Aux manettes de ce système, les camarades de jeunesse de Marine – d’anciens militants au passé néo-nazi.
« C’est ce réseau-là, rappelle Le Monde, composé pour partie d’anciens militants du Groupe union défense (GUD), un groupuscule étudiant d’extrême droite), que Mme Le Pen a connus à l’époque de la fac et auxquels elle a confié bon nombre de positions de pouvoir dans son entourage ».
Dans une note des renseignements généraux en 1993, Frédéric Chatillon qui gère aujourd’hui la communication du FN était décrit comme « activiste violent », qui « se signale en faisant le salut hitlérien » participe à un dîner pour commémorer l’anniversaire d’Adolf Hitler, et qui plus récemment assurait la communication du clan Assad en France.
On compte aussi parmi les gérants de la boutique financière du FN, Alex Lousteau, mais surtout « un protagoniste, aussi exalté qu’influent, [qui] fait figure de « parrain » des gudards, en la personne de Philippe Péninque » rappelle le quotidien.
« Comme l’avait déjà révélé Le Monde, ce sexagénaire a supervisé la mécanique – financière, notamment – des campagnes en 2011 et 2012 ».
A ce jour, plusieurs enquêtes s’intéressent au patrimoine du FN, et aux collaborateurs parlementaires frontistes européens présumés fictifs.
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