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Les Israéliens vivant dans le sud de plus en plus traumatisés par les roquettes

Un rapport fait état d'une hausse de 40 % des appels à une ligne d'aide psychologique, avec plus de 1 000 appels lors du dernier regain de violence la semaine dernière

Une fillette israélienne regarde une vitre brisée à l'entrée d'un immeuble endommagé par une frappe de roquettes depuis la bande de Gaza, dans la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, le 6 mai 2019. (Jack Guez/AFP)
Une fillette israélienne regarde une vitre brisée à l'entrée d'un immeuble endommagé par une frappe de roquettes depuis la bande de Gaza, dans la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, le 6 mai 2019. (Jack Guez/AFP)

Un nouveau rapport a révélé que les Israéliens souffrent de plus en plus de symptômes de stress post-traumatique, en particulier dans le sud du pays, fréquemment la cible de roquettes de terroristes palestiniens.

D’après NATAL — Israel Trauma and Resiliency Center (centre israélien pour les traumatismes et la résilience) qui a publié un rapport dimanche, les Israéliens ont appelé plus de 4 000 fois sa ligne d’aide en 2018, soit une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente. En outre, cette dernière a reçu plus de 1 000 appels lors de la dernière flambée de violence dans la bande de Gaza, au cours de laquelle près de 700 roquettes ont été lancées sur des localités israéliennes.

Ces informations, publiées dimanche dans le quotidien Yedioth Ahronoth, indiquent une hausse constante, depuis la guerre de 2014, du nombre d’Israéliens résidant près du territoire gazaoui tentant d’obtenir de l’aide — de 780 en 2017, ils sont passés à 1 300 en 2018. Les enfants et adolescents représentent un tiers d’entre eux.

L’un des principaux facteurs de cette hausse, d’après le rapport, provient des manifestations violentes organisées régulièrement à la frontière israélo-gazaouie depuis le 30 mars 2018, qui ont parfois réuni des dizaines de milliers de Palestiniens.

Plus de 180 Palestiniens ont été tués lors de ces violences, d’après les chiffres de février du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Des dizaines d’entre eux sont des membres du Hamas, comme l’a affirmé l’organisation terroriste.

Une Israélienne enlève des morceaux de verre d’une glace brisée pendant une frappe à la roquette depuis la bande de Gaza à Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Plus de 1 000 roquettes ont été tirées sur des communes israéliennes l’année dernière — plus de 20 000 depuis 2001 — et de nombreux ballons incendiaires ont visé Israël et déclenché des incendies, détruisant des hectares de terres.

La ligne d’assistance du NATAL a enregistré le plus grand nombre d’appels lors des flambées épisodiques de tension marquées par des tirs de ballons et de roquettes, comme celles ayant entraîné les violentes émeutes du 30 mars 2018 et la pluie de ballons incendiaires du 5 juin 2018 qui a provoqué neuf grands incendies dans le sud.

Les civils représentent 45 % des personnes traumatisées cherchant de l’aide, d’après les chiffres de 2018. Près de 45 % sont des soldats israéliens démobilisés âgés de 21 à 34 ans, et les 10 % restants sont des vétérans de l’armée souffrant de syndrome de stress post-traumatique.

Les 65 % des appelants résidant dans le sud du pays dépassent de loin la part de la population israélienne qu’il constitue. 12 % habitent dans le nord — qui a été visé par une roquette de l’organisation terroriste du Hezbollah lors de la Seconde guerre du Liban en 2006 — 10 % vivent dans la région de Tel Aviv, 8 % à Jérusalem et 5 % en Cisjordanie.

Des lycéens de la périphérie de Gaza commencent une marche de 90 kilomètres, soit cinq jours, reliant Sdérot à la Knesset pour mettre un terme aux difficultés sécuritaires de la zone (Capture d’écran : YouTube)

D’après le rapport, 27 % des appelants ont cherché de l’aide à la suite d’une guerre ou d’une opération militaire, 24 % en raison de leur service militaire, 13 % en raison d’une flambée de tensions, et 9 % après une attaque terroriste.

NATAL a fait savoir que 90 % des soldats démobilisés qu’il traite ne sont pas reconnus par le ministère de la défense comme souffrant de ce syndrome ou d’autres troubles.

Fondée en 1998, l’ONG indique avoir pris en charge plus de 300 000 personnes nécessitant une aide psychologique.

« Nous devons reconnaître et traiter avec courage ce phénomène qui voit des générations entières vivre et grandir dans un pays où la sécurité est constamment menacée », souhaite le directeur exécutif de NATAL Orly Gal. « La hausse considérable du nombre d’appels sur notre ligne d’aide reflète l’état mental des citoyens israéliens ».

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