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Les manifestations frontalières annulées pour la 2e semaine consécutive à Gaza

Selon un analyste basé en Israël, cette décision vise apparemment à empêcher de nouvelles escalades de violences et un retournement de la foule contre le Hamas

Des Palestiniens réunis à la frontière israélo-gazaouie, à Malaka, près de Gaza City, le 30 mars 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des Palestiniens réunis à la frontière israélo-gazaouie, à Malaka, près de Gaza City, le 30 mars 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Le mouvement de protestation hebdomadaire de la « marche du retour » le long de la frontière avec la bande de Gaza a été annulé pour la seconde semaine consécutive, ont fait savoir mardi les organisateurs, une initiative prise par les gouvernants du Hamas, au sein de l’enclave côtière, et considérée comme visant à éviter une nouvelle confrontation avec Israël.

Mercredi dernier, suite à la flambée de violences qui a opposé pendant 48 heures l’Etat juif et le Jihad palestinien, les manifestations ont été annulées pour la troisième fois seulement depuis leur début, à la fin du mois de mars 2018.

La Haute commission nationale pour la marche du retour et la rupture du siège, qui comprend dans ses rangs des représentants des groupes terroristes et factions politiques basés à Gaza, a indiqué que le mouvement n’aurait pas lieu cette semaine pour que « les Palestiniens puissent continuer à offrir une assistance aux membres des familles de martyrs et aux blessés, ainsi qu’à ceux dont les habitations ont été endommagées par les agressions israéliennes ».

Les combats, la semaine dernière, ont commencé après l’assassinat ciblé par l’Etat juif de Baha Abu al-Ata, un haut-commandant du groupe terroriste du Jihad islamique.

Au cours de cette escalade des tensions, les brigades Al-Quds – l’aile militaire du Jihad islamique – a tiré 450 roquettes et mortiers vers Israël qui a répondu par des frappes de représailles à Gaza.

Les brigades Ezzedine al-Qassam, qui appartiennent au groupe terroriste du Hamas, seraient restées – contrairement aux flambées précédentes de violences – largement en marge.

Trois Israéliens ont été blessés par des tirs de roquettes au cours des combats et des dizaines d’autres ont été blessés alors qu’ils se précipitaient vers des abris anti-bombes.

Trente-quatre Palestiniens de Gaza ont perdu la vie dans les confrontations et 109 ont été blessés, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Au moins 19 d’entre eux étaient membres de groupes terroristes. Plusieurs d’entre eux étaient civils, et notamment huit mineurs.

La semaine dernière, la Haute commission nationale a expliqué avoir annulé la manifestation « au vu de la continuation des agressions israéliennes sur la bande de Gaza ».

Des manifestants palestiniens jettent des pierres en direction des forces de sécurité israéliennes au cours des manifestations le long de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 juillet 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Neri Zilber, journaliste basé en Israël qui travaille au BICOM, un think-tank britannique, a expliqué qu’il n’était guère surprenant que la commission chargée d’organiser le mouvement ait annulé les manifestations de vendredi.

« Le Hamas n’a pas voulu d’escalade la semaine dernière et il ne veut pas d’escalade cette semaine non plus », a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique.

« Le Jihad islamique a établi clairement et publiquement qu’il considère que le cessez-le-feu implique qu’il n’y aura pas de morts sur la frontière. Et le Hamas est donc inquiet à ce sujet. »

Le chef du Jihad islamique, Ziad al-Nakhala, a dit à la station de radio pro-Hezbollah al-Mayadeen, mercredi dernier, que l’une des conditions d’un cessez-le-feu, pour l’organisation terroriste, était l’arrêt des tirs des soldats israéliens contre les protestataires, dans la région frontalière.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a toutefois déclaré dimanche que l’Etat juif n’avait fait aucune promesse en échange de la trêve.

Zilber a également noté que le Hamas ne veut probablement pas d’importants rassemblements à Gaza actuellement, craignant que la foule ne se retourne contre ses gouvernants.

« Les responsables du Hamas s’inquiètent probablement que, si un grand nombre de personnes s’agglutinent à proximité de la frontière, elles puissent retourner leur colère contre eux pour ne pas avoir participé à la dernière série de combats avec Israël », a-t-il ajouté.

Jeudi dernier, suite à l’annonce du cessez-le-feu, des dizaines de Palestiniens, à Gaza, ont défilé à au moins deux endroits de l’enclave côtière, appelant les groupes terroristes à continuer à lancer des roquettes vers Israël.

Depuis le mois de mars 2018, les Palestiniens de Gaza ont pris part aux manifestations et émeutes sur la frontière chaque vendredi, demandant à l’Etat juif de lever ses restrictions sur les mouvements de personnes et des biens entrant et sortant de l’enclave côtière et appelant au retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur les terres qui font aujourd’hui partie d’Israël.

Lors de ces émeutes, des jets de pierres, d’explosifs et de bombes artisanales sur les soldats, qui ont répondu à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs à balle réelle, ont été constatés. Au moins 200 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé.

Les responsables israéliens affirment que les restrictions exercées sur les mouvements ont été mises en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de mener un trafic d’armes. Ils ont également clamé que le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants détruirait le caractère juif d’Israël.

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