Les ministres arabes veulent faire une distinction entre terrorisme et “résistance”dans les actions menées contre Israël
Les ministres de la Ligue arabe, réunis en sommet en Jordanie cette semaine, ont condamné les commémorations du 100e anniversaire de la déclaration Balfour qualifiée de “honteuse”
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Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les dirigeants arabes appelleraient la Ligue arabe à reconnaître la lutte contre Israël comme légitime et non comme une forme de terrorisme pendant le sommet annuel de l’organisation en Jordanie cette semaine.
Pendant les réunions de préparation lundi de la conférence, qui commence mercredi, les ministres des Affaires étrangères des 22 états membres de l’organisation ont appelé à ce qu’une distinction soit notée entre « le terrorisme et la résistance légitime contre l’occupation israélienne », selon un article du quotidien arabe al-Hayat.
Le journal n’a pas précisé ce que signifiait « résistance » ni si l’occupation israélienne fait référence uniquement aux zones situées à l’est des lignes pré-1967 ou à tout Israël.
Les diplomates ont également affirmé le droit des Libanais à « libérer les Fermes de Chebaa, les hauteurs de Kfar Shuba et la partie libanaise du village de Ghajar [… ; en faisant usage] de toute agression par des moyens légitimes », selon le quotidien, qui cite des zones situées à la frontière israélo-libanaise.
Une affirmation similaire avait été faite par le groupe avant son sommet de 2014, mais c’était avant que la Ligue arabe ne déclare que le Hezbollah, groupe chiite libanais financé par l’Iran, était une organisation terroriste, en mars 2016.
Si la déclaration est approuvée par les dirigeants des pays arabes quand ils se réuniront mercredi, il s’agirait d’ un retour de la décision prise sur la caractérisation du Hezbollah il y a un an.
Les ministres des Affaires étrangères ont également salué l’élection de Michel Aoun, allié du Hezbollah, à la présidence libanaise, déclarant qu’il aiderait à stabiliser et unifier son pays. Le mois dernier, Aoun a dit à la télévision égyptienne que le Hezbollah devait contrer l’Etat juif « tant que l’armée libanaise n’est pas assez forte pour battre Israël. »
Ces déclarations s’inscrivent dans le cadre de toute une série de résolutions politiques qui doivent être adoptées pendant le sommet arabe.
Les pays arabes restent attachés à la solution dite de deux états au conflit israélo-palestinien, selon un projet de résolution. Dans ce texte présenté par la délégation palestinienne et dont l’AFP a obtenu une copie, les ministres « réaffirment leur attachement à la solution à deux Etats et au droit de l’Etat de Palestine à recouvrer sa souveraineté sur les territoires occupés en 1967, y compris Jérusalem Est ».
Le texte appelle « tous les pays à respecter des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU opposées à l’annexion par Israël de Jérusalem Est occupée » et « à ne pas transférer leurs ambassades » dans la capitale.
Le conseil a également condamné la commémoration du 100e anniversaire de la déclaration Balfour, qualifiée de « honteuse », signée en 1917, qui établit que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ». Il a également appelé le Royaume-Uni à reconnaître l’état de Palestine, en partie à cause de sa responsabilité présumée pour les souffrances palestiniennes, selon l’article.
Le sommet, dont l’hôte est le roi Abdallah II de Jordanie, devrait se concentrer sur la recherche de positions communes et de leviers d’influence potentiels alors que le président américain Donald Trump réfléchit à sa politique régionale.
Le roi Salmane d’Arabie saoudite, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas seront présents, tout comme le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et Staffan de Mistura, envoyé de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, ainsi que des représentants américains et russes.
Les chefs d’états devraient réaffirmer leur soutien à un plan de paix saoudien qui propose à Israël des relations normales avec des dizaines de pays arabes et musulmans en échange de son retrait des territoires conquis en 1967. L’Initiative de paix arabe, qui ouvrirait la voie à la création d’un état palestinien à Jérusalem Est, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a été proposée pour la première fois en 2002.
Abbas a demandé au sommet de soutenir l’initiative « en l’état ». Selon le dirigeant palestinien, l’ouvrir aux négociations affaiblirait encore les Palestiniens.
L’AFP a contribué à cet article.
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