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Les Palestiniens exigent le retrait de la décision de Trump sur Jérusalem

Saëb Erekat a exclu mardi toute discussion avec l'administration Trump tant que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël ne sera pas annulée

Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, s'exprime lors d'une conférence de presse tenue à Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017 (AFP / AHMAD GHARABLI)
Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, s'exprime lors d'une conférence de presse tenue à Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017 (AFP / AHMAD GHARABLI)

Un des hauts responsables palestiniens Saëb Erekat a exclu mardi des discussions avec l’administration du président américain Donald Trump tant qu’il n’annulera pas sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Secrétaire général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Saëb Erekat qui a été longtemps le chef négociateur palestinien pour le processus de paix avec Israël a affirmé lors d’une interview à l’AFP que la décision de Donald Trump s’intègre « dans une nouvelle ère américaine où l’on est passé de la négociation au diktat ».

La décision du président américain, annoncée le 6 décembre, rompt avec le consensus diplomatique international qui fait du statut de Jérusalem un élément à établir par des discussions entre Israéliens et Palestiniens.

Elle a déclenché la colère des Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’état auquel ils aspirent. L’annexion israélienne de Jérusalem-Est est jugée illégale par l’ONU. L’Etat hébreu considère lui la totalité de la ville comme sa capitale indivisible.

Les Palestiniens ont estimé que les Etats-Unis ne pouvaient plus dans ces conditions jouer un rôle de médiateur impartial dans le conflit et boycotté la récente visite dans la région du vice-président américain Mike Pence.

La semaine dernière, le président Trump a accusé les Palestiniens de « manquer de respect » envers les Etats-Unis et annoncé que plusieurs centaines de millions de dollars d’aide étaient en suspens tant que les dirigeants palestiniens refuseraient de revenir à la table des négociations.

Le président Trump a aussi enfoncé le clou en affirmant que la question du statut de Jérusalem était désormais « retirée » (de la table des négociations).

« Nous n’avons plus à en discuter », a-t-il martelé bien qu’il ait affirmé précédemment la reconnaissance comme capitale d’Israël ne préjugeait pas des futures frontières dans une solution à deux Etats, un palestinien et un israélien, coexistant l’un à côté de l’autre.

Selon M. Erekat, les Palestiniens souhaitent la tenue d’une conférence internationale pour obtenir un soutien global à la solution de deux Etats.

Interrogé sur la possibilité de contacts avec l’administration Trump si la décision américaine sur Jérusalem n’est pas annulée, M. Erekat a répondu : « Comment est-ce possible ? »

« Si un Palestinien rencontre des responsables officiels américains, cela revient à accepter leur décision. Et maintenant ils nous menacent avec l’argent et l’aide », s’insurge-t-il.

« Ils avaient promis de ne pas imposer de solution et maintenant (…) c’est comme s’ils nous disaient ‘allons les gars’, nous savons ce qui est bon pour vous », a-t-il ajouté.

Il a dénoncé de récents propos de l’ambassadrice américaine Nikki Haley à l’ONU qui avait reproché au président Abbas de ne pas avoir assez de courage pour un accord de paix, les comparant à un appel à un « coup d’Etat ».

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley s’exprime devant les journalistes au siège des Nations unies, le 2 janvier 2018 à New York (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Selon lui, même si les Palestiniens avaient comme président « Mère Teresa », Donald Trump et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien rejetteraient son appel pour une solution à deux Etats avec Jérusalem-Est comme capitale palestinienne.

Saëb Erekat estime que le processus de sape en cours de la solution à deux Etats pourrait mener à « un plus grand cycle de violence, d’extrémisme et de contre-violence ».

« Ceux qui affirment que Jérusalem est retirée de la table des négociations, disent en fait que la paix n’est plus sur la table », conclut-il.

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