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Les Palestiniens ratent à nouveau le coche de la réconciliation

La reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël a encore compliqué la donne, le Hamas et l'AP prônant des tactiques opposées

Khaled Fawzi, 3ème à gauche, chef des services égyptiens de renseignement, s'esclaffe aux côtés du leader du Hamas, Izzat al-Rishq, 2ème à gauche, et d'Azzam al-Ahmad du Fatah, au centre, suite à la signature de l'accord de réconciliation au Caire, le 12 octobre 2017 (Crédit :AFP / KHALED DESOUKI)
Khaled Fawzi, 3ème à gauche, chef des services égyptiens de renseignement, s'esclaffe aux côtés du leader du Hamas, Izzat al-Rishq, 2ème à gauche, et d'Azzam al-Ahmad du Fatah, au centre, suite à la signature de l'accord de réconciliation au Caire, le 12 octobre 2017 (Crédit :AFP / KHALED DESOUKI)

Les groupes rivaux palestiniens ont de nouveau manqué une échéance très attendue pour un transfert de pouvoirs dans la bande de Gaza, aux enjeux humains et politiques pourtant considérables.

Pour les anciens frères ennemis incapables de surmonter leurs dissensions depuis une décennie, la tâche a encore été compliquée dernièrement par la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, estiment les analystes.

L’Autorité palestinienne appelle à la protestation pacifique, l’organisation terroriste du Hamas a appelé à une « nouvelle intifada » contre cette initiative américaine.

Le Hamas avait accepté le 12 octobre au Caire de rétrocéder d’ici au 1er décembre les pouvoirs dans la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne, qu’il avait évincée par la force en 2007.

La date avait ensuite été repoussée in extremis au 10 décembre.

Le Hamas a assuré samedi qu’il avait transmis le contrôle de tous les ministères de Gaza à l’Autorité palestinienne. Mais le porte-parole du gouvernement émanant de l’Autorité, Youssef Mahmoud, cité par l’agence palestinienne Wafa, a contesté ces déclarations lundi, accusant le Hamas de chercher à stopper la passation de pouvoirs.

Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a répliqué auprès de l’AFP que c’était le « gouvernement qui cherchait à dissimuler le fait qu’il n’assumait pas ses devoirs envers les gens de Gaza ».

Le retour annoncé de l’Autorité à Gaza a fait naître l’espoir de jours meilleurs chez des Gazaouis éprouvés par les guerres, la pauvreté et l’enfermement causés par les blocus israélien et égyptien. L’ONU veut croire prudemment en une chance de ranimer le processus de paix moribond avec Israël.

Mais un profond scepticisme accompagne depuis le départ cette tentative de rapprochement.

Dans la bande de Gaza, la situation demeurait essentiellement la même lundi, la police du Hamas continuant à patrouiller dans les rues et les Gazaouis en étant toujours réduits à quelques heures quotidiennes d’électricité fournies par le réseau public.

Dans l’impasse

Les deux camps continuent à protester publiquement de leur détermination à mener à bien la réconciliation.

Mahmoud Abbas s’adresse à la presse après avoir rencontré le roi de Jordanie au palais royal d’Amman, le 22 octobre 2017. (AFP PHOTO / KHALIL MAZRAAWI)

Mais ils n’ont toujours donné aucun signe d’accord sur une question cruciale : le sort de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, réputée forte de 25 000 hommes et de milliers de roquettes. Le Hamas exclut de rendre les armes, le président de l’Autorité Mahmoud Abbas refuse d’assumer les responsabilités civiles sans contrôler la sécurité.

Abbas n’a toujours pas levé les sanctions prises en 2017 pour forcer la main du Hamas, à commencer par l’arrêt du paiement de l’électricité fournie à la bande de Gaza.

Quatre Palestiniens, dont deux terroristes du Hamas, ont été tués dans la bande de Gaza depuis cette annonce, soit dans des frappes israéliennes en représailles à des tirs de roquettes en provenance du territoire, soit sous des balles israéliennes en allant protester auprès de la barrière de sécurité.

« Les uns veulent un soulèvement, les autres pas. Les uns veulent une escalade militaire, les autres non », dit Naji Sharab, professeur de sciences politiques à l’université Al-Azhar de Gaza.

Jamal al-Fadi, analyste politique, dit craindre l’échec de cette nouvelle entreprise de réconciliation.

« A court terme, je crois que (le processus) va tenir. Mais les gens ont un tel besoin de solutions que la réconciliation va revenir tout en haut de l’agenda », dit-il. « J’ai l’impression que le processus est dans l’impasse. »

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