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Les premiers demandeurs d’asile susceptibles d’être chassés ont jusqu’à dimanche

Pour éviter une mauvaise publicité, Netanyahu donne pour instruction au gouvernement de se référer au plan comme à un "déplacement" en lieu et place d'une "expulsion"

Les détenus au centre de Holot le 17 janvier 2015 (Crédit : Nehama Shimnovic)
Les détenus au centre de Holot le 17 janvier 2015 (Crédit : Nehama Shimnovic)

Les 200 premiers érythréens qui font face au choix de quitter Israël ou d’être incarcérés à la prison de Saharonim devront faire part de leur décision dimanche, a fait savoir vendredi une porte-parole de l’Autorité israélienne de la population, de l’immigration et des frontières appartenant au ministère de l’Intérieur.

Cette date butoir était initialement fixée à vendredi mais parce qu’elle tombait pendant le week-end, juste avant le Shabbat, les demandeurs d’asile auront plus de temps, a indiqué la porte-parole Sabine Hadad.

Au mois de décembre, la Knesset avait approuvé un amendement à la « loi sur les infiltrateurs » ouvrant la voie à l’expulsion forcée des migrants et demandeurs d’asile érythréens et soudanais et à l’emprisonnement pour une durée indéterminée de ceux qui refuseraient de partir.

Le 4 février, le ministère de l’Intérieur a commencé à distribuer des avis d’expulsion aux demandeurs d’asile venus renouveler leurs visas de deux mois à Bnei Brak. Ces papiers leur donnent soixante jours pour quitter le pays avec une subvention de 3 500 dollars ou, le cas échéant, être incarcéré à la prison de Saharonim.

Néanmoins, un groupe de 200 demandeurs d’asile du centre de détention de Holot a reçu des avis d’expulsion le 17 janvier avec seulement 30 jours de réflexion. S’ils refusent de quitter le pays dimanche, ils seront emmenés à pied à la prison de Saharonim, même si Hadad n’a pas précisé si les 200 demandeurs d’asile seraient immédiatement transférés dans le centre de détention.

Les responsables des prisons avaient auparavant fait savoir que leurs services n’ont pas suffisamment de place pour accueillir tous les demandeurs d’asile refusant l’expulsion.

Cette semaine, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à un groupe de ministres et de militants du Likud favorables aux expulsions depuis le sud de Tel Aviv et d’autres villes que le principal défi à relever au cours des prochaines semaines serait la bataille médiatique contre la « fausse propagande, mais largement présente » concernant les expulsions, a fait savoir Walla news.

Il a donné pour instruction au gouvernement d’utiliser le terme « déplacement » au lieu « d’expulsion ».

Des demandeurs d’asile protestent au centre de détention de Holot dans le sud du désert du Negev, en Israël, le 17 février 2014 (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images)

Jeudi, une cour d’appel israélienne a jugé que des Erythréens qui avaient déserté le service militaire dans leur pays et qui étaient venus en Israël pouvaient être considérés comme des demandeurs d’asile.

Cette décision pourrait toucher des milliers d’Erythréens qui sont susceptibles d’être expulsés sous les termes de la loi amendée. La majorité des demandeurs d’asile érythréens de sexe masculin ont fui leur pays natal pour éviter l’enrôlement au sein du service militaire ou pendant ce dernier. Le service militaire, en Erythrée, est obligatoire et peut durer des décennies.

« Il existe une crainte fondée de persécution en raison de l’opinion politique qui lui est attribuée par les autorités de son pays à la suite de sa désertion du service militaire », a précis » le communiqué à propos des déserteurs.

« Nous regrettons qu’au fil de toutes ces années, ce dossier soit resté suspendu, que des milliers de demandes d’asile similaires émanant de déserteurs du service militaire érythréen aient été rejetées », a dit l’avocat Anat Ben-Dor, du centre des droits des réfugiés de l’université de Tel Aviv, qui avait amené l’affaire devant la justice. En résultat de ce jugement, les organisations déposeront une demande au ministère de l’Intérieur pour que cessent les expulsions et les incarcérations de réfugiés érythréens.

Il y a environ 38 000 migrants et demandeurs d’asile africains en Israël, selon le ministère de l’Intérieur. Environ 72 % sont érythréens et 20 % sont soudanais. La grande majorité est arrivée entre 2006 et 2012.

Plus de 1 000 demandeurs d’asile érythréens se sont rassemblés devant l’ambassade du Rwanda le 22 janvier 2018 pour protester contre les expulsions prévues. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Netanyahu a expliqué que les demandeurs d’asile sont « des immigrants hors-la-loi qui viennent pour trouver du travail » et qui détruisent les quartiers du sud de Tel Aviv, où s’est installée la majorité d’entre eux.

Selon des informations, le gouvernement espère expulser 600 demandeurs d’asile par mois la première année en commençant par les hommes célibataires. Le ministère de l’Intérieur a dit que les demandeuses d’asile ou les mineurs ne sont pas actuellement placés sous une menace d’expulsion dans un premier temps.

Le haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies est actuellement en train de négocier la réimplantation de la moitié des demandeurs d’asile dans des pays-tiers en échange du maintien en Israël de l’autre moitié, qui obtiendrait un statut permanent. Israël renvoie les demandeurs d’asile en Ouganda et au Rwanda, des endroits qui, selon ces derniers, n’offrent pas la sécurité nécessaire aux réfugiés.

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