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Liban : 2 leaders chrétiens tournent la page meurtrière de la guerre civile

Sleimane Frangié et Samir Geagea se sont retrouvés mercredi au siège du patriarcat maronite pour une rencontre devant les médias

Samir Geagea, chef des Forces libanaises, à droite, serre la main de Sleimane Frangié, en présence du patriarche Béchara Rahi à Beyrouth, le 14 novembre 2018. (Crédit : Aldo Ayoub/Agence de presse libanaise via AP)
Samir Geagea, chef des Forces libanaises, à droite, serre la main de Sleimane Frangié, en présence du patriarche Béchara Rahi à Beyrouth, le 14 novembre 2018. (Crédit : Aldo Ayoub/Agence de presse libanaise via AP)

Le Liban a été le témoin mercredi de la réconciliation entre les leaders chrétiens Sleimane Frangié et Samir Geagea, après des décennies d’antagonismes meurtriers entre leurs clans durant la guerre civile (1975-1990).

Samir Geagea, ancien membre des Phalanges chrétiennes, a été accusé d’avoir dirigé le commando qui a assassiné en 1978 les parents de M. Frangié et sa sœur de trois ans dans le nord du Liban. Jeune garçon à l’époque, M. Frangié doit sa survie à son absence des lieux.

Les deux clans ont des positions diamétralement opposées en ce qui concerne la relation avec le pouvoir syrien. A la tête des Forces libanaises, M. Geagea a toujours été farouchement opposé au régime de Damas, tandis que Sleimane Frangié est un ami d’enfance du président Bachar al-Assad.

Toutefois, les deux hommes se sont retrouvés mercredi au siège du patriarcat maronite dans la localité de Bkerké, au nord de Beyrouth, pour une rencontre devant les médias.

Le patriarche Béchara Rahi a salué une « rencontre historique » entre les deux responsables, qui ont signé un document confirmant « leur volonté commune de tourner la page du passé, et aller vers de nouveaux horizons, dans leurs rapports sur le plan humain, social, politique et national », selon le texte lu à la télévision.

Au moment de l’assassinat, le chef des Phalangistes, Bachir Gemayel, essayait de réunir sous sa coupe, de gré ou de force, toutes les milices chrétiennes.

L’assaut avait alors été donné contre la région d’Ehden, fief des Frangié. M. Geagea y participait mais, selon ses partisans, il n’a pas pris part au meurtre de la famille : blessé à une main, il avait dû être transporté à l’hôpital.

Les deux hommes sont originaires du nord du Liban, où se trouvent leurs fiefs historiques. Chacun à sa manière a payé le prix de la guerre civile.

Suite à l’assassinat de ses parents, M. Frangié a quitté l’école pour devenir à 17 ans chef de la milice Marada avant d’être élu à partir de 1991, et presque sans discontinuer, député dans le fief familial.

Son grand-père, une des figures du camp chrétien, était président quand la guerre civile a commencé et c’est lui qui a réclamé en mai 1976 l’intervention de l’armée syrienne.

Quant à M. Geagea, il est le seul « seigneur de guerre » à s’être retrouvé derrière les barreaux, purgeant une peine de 11 ans de prison pour des assassinats et explosions menées par sa faction.

Ses partisans avaient dénoncé « une machination syrienne », accusant Damas de vouloir l’évincer de la scène politique. Il a été libéré en 2005 après une amnistie générale décrétée par le Parlement.

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