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Liban : nouvelle journée de mobilisation contre le pouvoir

Le pays vit au rythme d'un mouvement de contestation réclamant le départ de l'ensemble de la classe politique, jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique

26e jour de protestation anti-government  à Beyrouth, le 11 novembre 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)
26e jour de protestation anti-government à Beyrouth, le 11 novembre 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

Les Libanais se mobilisent lundi pour la 26e journée consécutive contre la classe dirigeante, à la veille d’une réunion parlementaire exceptionnelle largement décriée par les manifestants.

Le pays vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement de contestation inédit réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique, jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Lundi, le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé a tenu une conférence de presse alors que les craintes d’une crise financière vont crescendo, sur fond de restrictions sur les retraits bancaires et de volatilité des prix.

Sur le terrain, des centaines de manifestants, dont de nombreux écoliers et étudiants, se sont rassemblés dans la matinée dans plusieurs villes du pays, brandissant des drapeaux libanais et appelant au départ de tous les dirigeants.

Des manifestants libanais forment une chaîne humaine et bloquent l’un des principaux pont de Beyrouth, lors de manifestations contre le gouvernement, le 26 ocotbre 209. (Crédit : STR / AFP)

Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain du « dimanche de la détermination » ayant rallié des milliers de manifestants à travers le pays.

Dimanche soir, des protestataires ont campé devant le bâtiment de l’Electricité du Liban (EDL), l’un des principaux symboles de la déliquescence des services publics dans un pays où le courant 24h/24 n’est toujours pas assuré.

Sous-productive et chroniquement déficitaire, l’EDL a coûté 1,8 milliard de dollars au Trésor en 2018, selon les chiffres officiels.

Certains ont dormi devant le bâtiment, sous des tentes érigées en travers de la chaussée.

D’autres manifestants, munis de casseroles, se sont rassemblés sur le lieu de résidence du gouverneur de la Banque centrale.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s’adresse à la nation à Beyrouth, au Liban, le 29 octobre 2019. (AP/Hassan Ammar)

Le mouvement de contestation, qui a transcendé les régions et les communautés dans un pays multiconfessionnel, a entraîné la démission le 29 octobre du Premier ministre Saad Hariri mais les tractations traînent depuis pour la formation d’un nouveau gouvernement.

Le chef du groupe terroriste du Hezbollah, poids lourd de la vie politique libanaise, doit prononcer lundi un discours télévisé très attendu. Hassan Nasrallah avait balayé l’idée d’un cabinet exclusivement formé de technocrates, réclamé par la rue.

Mardi, l’Assemblée nationale doit tenir une session législative exceptionnelle pour voter une série de lois, dont celle sur une amnistie générale qui profiterait entre autres à des islamistes et à certaines personnalités politiques.

Selon les manifestants, qui exigent que la réunion soit retransmise en direct, cette loi permettrait de protéger les dirigeants.

Depuis dimanche, les appels fusent sur les réseaux sociaux pour bloquer l’accès des députés au Parlement.

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