Liberman : annexer la Cisjordanie mènerait à la « crise immédiate » avec Trump
Tzipi Hotovely affirme pour sa part que Trump n'a pas pris position sur l'annexion de la Cisjordanie, et que le ministre de la Défense "limite la liberté d'action d'Israël"
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Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a estimé lundi que voter l’annexion de la Cisjordanie, prônée par un député de droite, provoquerait une « crise immédiate » avec les Etats-Unis.
« Nous avons reçu un message direct très clair de la part des Etats-Unis selon lequel appliquer la législation israélienne à la Judée Samarie [nom biblique de la Cisjordanie] provoquerait une crise immédiate avec la nouvelle administration » américaine du président Donald Trump, a affirmé Liberman devant une commission parlementaire.
Il a ainsi rejeté des déclarations du député Miki Zohar du parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui affirmait dimanche à une chaîne de télévision que « la solution à deux états est morte ».
« Il ne reste qu’une seule option : un seul Etat, dans lequel les Palestiniens disposeraient de tous les droits, sauf celui de voter à la Knesset », avait ajouté le député.
Liberman, un des hommes forts de la coalition gouvernementale, a également souligné qu’il coûterait très cher à Israël d’annexer le petit territoire palestinien.
« Dès le premier jour, Israël sera obligé de débourser 20 milliards de shekels pour les droits sociaux, les indemnités de chômage, les congés maternité des 2,7 millions de Palestiniens », a prédit le ministre de la Défense.
« J’appelle dans ces conditions les députés à se montrer responsables pour éviter une crise avec les Etats-Unis et avoir à débourser une telle somme », a ajouté celui qui dirige le parti nationaliste Yisrael Beytenu.
La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a démenti lundi ces propos de Liberman.
« L’administration américaine doit encore formuler sa nouvelle politique pour le Moyen Orient, ce qui signifie que les propos de Liberman viennent limiter la liberté d’action d’Israël », a-t-elle écrit sur Twitter.
Netanyahu a soutenu publiquement la solution à deux états, mais y a fait de moins en moins référence ces derniers mois, alors que Trump semble avoir pris ses distances avec l’idée de la création d’un état palestinien pour parvenir à la paix au Proche Orient, en rupture avec des décennies de diplomatie internationale.
Une partie de la droite israélienne prône une annexion de la Cisjordanie qui commencerait par l’importante implantation de Maale Adumim située près de Jérusalem, et où vivent plus de 37 000 Israéliens.
Un projet de loi en ce sens figurait initialement au menu du conseil des ministres dimanche, mais son examen a été reporté à une date qui n’a pas été précisée.
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