Les travaillistes, alliés naturels des partis arabes ?
L’allié naturel des Arabes israéliens, pour les commentateurs, c’est la coalition de centre gauche Union sioniste, emmenée par le travailliste Isaac Herzog et donnée en tête par les sondages. Mais la liste arabe — qui rassemble communistes, islamistes et nationalistes arabes aux vues souvent diamétralement opposées — préfère laisser planer le suspense sur ses intentions, au-delà de sa non-participation annoncée au gouvernement.
« Les Israéliens ne veulent pas d’Arabes au sein du gouvernement », affirme le chercheur Ass al-Atrach. M. Herzog s’est bien gardé de faire publiquement des appels du pied aux partis arabes israéliens, car ce serait, estiment les observateurs, prêter le flanc à plus d’accusations de la droite qui dénonce déjà l’Union sioniste comme le « parti de l’étranger ».
Mais, poursuit M. Atrach, « les Arabes non plus ne veulent pas aller au gouvernement pour éviter les cas de conscience ». « Que feraient-ils si le gouvernement prenait une décision sensible concernant les Palestiniens ou déclarait la guerre à Gaza ou au Liban ? »
Tous ont été échaudés par le précédent Ehud Barak. Un travailliste pour lequel 95% des Arabes israéliens avaient voté en 1999, rappelle Oussama al-Saadi, 12e sur la liste commune. Sous son mandat, Israël a réprimé la deuxième Intifada jusque parmi les Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens qui sont restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948 et qui représentent aujourd’hui un Israélien sur cinq.
La construction dans les implantations a atteint sous Barak en 2000 un pic jamais égalé ensuite.
« Cette fois-ci, promet-il, personne ne pourra nous avoir. On veut des résultats, on ne s’engagera sur rien sans des actes concrets ». L’idée, expliquent les candidats, c’est d’être « une force pour faire barrage », un « levier d’influence ».
Saadi, il faudra choisir: soutenir une coalition — lui assurer les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement et lui apporter ses voix en cas de motion de censure sans toutefois y envoyer de ministre — ou se contenter d’être une force d’opposition. Au moment de décider, l’union sacrée formée pour la campagne tiendra ou explosera.
Une fois les résultats connus, reconnaît Au sein de la liste commune la consigne est claire: pas d’alliance avec ceux qui voudraient lancer une guerre contre les Palestiniens ou soutenir l’occupation de leurs Territoires. Des autres partis, aucun ne prévoit de rendre Jérusalem-Est aux Palestiniens ni même de démanteler les colonies. Quant à ceux qui envisagent un hypothétique accord de paix, ils plaident, à l’image de l’Union sioniste, pour un Etat palestinien démilitarisé.
La tête de liste des Arabes israéliens, Ayman Odeh, table, lui, sur un gouvernement d’union nationale rassemblant l’Union sioniste, et à droite, le Likud de Netanyahu. Une fois ces deux poids lourds au gouvernement, les leaders de la liste arabe l’assurent : ils seront la première force d’opposition.
Dans ce cas, prédit Atrach, « leur poids et leur influence vont largement augmenter », notamment parce qu’ils accèderont à la présidence de commissions parlementaires et qu’à « chaque décision cruciale, la loi veut que le chef de la majorité expose son projet au chef de l’opposition ».
– AFP
la Communauté du Times of Israël !