Roman Kent : « éviter que notre passé soit l’avenir de nos enfants »
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Libéré en avril 1945 avec son frère et a émigré à New York.
« Une minute à Auschwitz, c’est comme une journée entière. Une journée entière ressemblait à un mois entier. Un mois entier était une éternité. Qui peut vivre et combien d’éternités ? »
Son père lui a demandé « de ne jamais oublier les camps. Mais oublier les camps est impossible, cela m’a tenu éveillé la nuit. »
« Des visages sont inscrits dans ma mémoire. Comment on peut oublier l’odeur des chairs brûlées, des gens qui arrivaient et qui ne se connaissaient pas et suivaient le même destin. La lacération des enfants arrachés aux bras de leurs mères, tout cela résonne encore dans mes oreilles. »
Il se demande si « les cris des victimes ont atteint le paradis. » Nous ne sommes pas abandonnés au désespoir, aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous n’osons pas oublier les millions de personnes qui ont été assassinées. Nous devons toujours nous souvenir […] de sorte que cela ne pourra pas se reproduire, notamment ce qui s’est produit à Paris. »
« Mais souvenir ne suffit pas. Il faut agir en tant que survivant. Les générations futures doivent se mobiliser. Il faut de la tolérance chez nous et à l’école où il faut enseigner ces valeurs. Il faut être clair sur le fait que la haine n’est jamais vertueuse. »
« Quand je pense à la Shoah, […] il y a peu d’actes que je considère comme vertueux et sain. Je pense aux Justes [parmi les nations] qui ont mis en péril leur vie pour sauver celles d’un étranger. Une poignée de personnes a montré au monde la force de l’engagement dans des choix moraux. »
« Nous, les survivants, partageons un but commun avec les générations futures et on peut espérer que notre passé, que notre histoire ne soit pas l’avenir de nos enfants. (répète t-il à deux reprises). »
« On tente d’aseptiser la Shoah afin de gommer l’aspect brutal et véritablement ‘malade’ de la Shoah. L’expression ‘perdre quelqu’un’ revient à dire qu’on a ‘égarer quelqu’un’. Les 6 millions de personnes ont été assassinées. Ceux qui ont péri ont été assassinés dans les fours crématoires. Il faut nommer les choses et non diminuer l’outrage qui a été porté. Il faut nommer les auteurs de ces actes qui ont essayé d’effacer les traces qui ne peuvent être niées. »
« Il y a des signes de compassion. C’est un progrès. Il y a encore tellement à faire. Il faut continuer à s’engager.
« Si j’avais la possibilité, j’aurais rajouté un onzième commandement : il ne faut pas oublier. » [sic]
Il cite Primo Levi : « quelque soit le pays d’où l’on voit les rues du camp, les cendres d’Auschwitz sont un avertissement. […] Il faut que cette haine ne resurgisse jamais, que ce soit pour demain ou pour l’éternité. »
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