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L’Unesco veut croire à un nouveau souffle

La 40e conférence générale de l'Unesco s'est illustrée par des "initiatives sur l'éthique de l'intelligence artificielle, l'éducation des réfugiés ou encore les sciences ouvertes"

Le siège de l'UNESCO, avenue Suffren, à Paris. (Crédit : Wikimedia Commons)
Le siège de l'UNESCO, avenue Suffren, à Paris. (Crédit : Wikimedia Commons)

Budget en hausse, lancements de projets : la 40e conférence générale de l’Unesco semble confirmer un nouveau souffle pour l’organisation, deux ans après l’élection à sa tête de la Française Audrey Azoulay qui avait alors promis de restaurer la confiance dans une institution emblématique d’un multilatéralisme en crise.

« Le monde a besoin de plus d’Unesco, pas de moins d’Unesco. C’est le message clair envoyé par cette Conférence générale », du 12 au 27 novembre au siège de l’organisation à Paris, a commenté auprès de l’AFP Mme Azoulay.

Pour cette dernière, le mandat de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culturel est au centre des enjeux du monde d’aujourd’hui, comme l’ont illustré lors de la conférence des « initiatives sur l’éthique de l’intelligence artificielle, l’éducation des réfugiés ou encore les sciences ouvertes ».

« Dans un cadre politique et budgétaire consolidé, avec un budget adopté en hausse pour la première fois depuis 20 ans. C’est un tournant salvateur pour l’Unesco », a-t-elle souligné.

Les 193 pays membres ont en effet voté un budget en augmentation de plus de 16 millions de dollars, à 534 millions.

« C’est quand-même une décision rarissime dans le monde onusien d’accepter de payer un peu plus en ce moment », pointe Nicolas Kassianides, le chef de cabinet de la directrice générale.

Un autre signe témoigne d’un « regain de confiance », pour Mme Azoulay : le bond des contributions extra-budgétaires pour des projets ciblés, comme l’ambitieux plan de reconstruction de Mossoul, ex-fief des jihadistes en Irak, dévasté en 2017.

Au premier semestre 2019, ces contributions volontaires ont augmenté de 41 %, à 161 millions de dollars, par rapport au premier semestre 2018.

De plus, les pays sont désormais à jour – « à 90 % » – de leurs paiements après des années de crise aiguë et d’accumulation d’arriérés. De grands pays comme le Royaume-Uni et le Japon ont réglé leur dette, au terme « d’un dialogue approfondi ».

Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture et nouvelle directrice de l’UNESCO, en conférence de presse suite à son élection, au siège de l’UNESCO à Paris, le 13 octobre 2017. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Outre l’accent mis sur l’éducation, notamment des filles, et les mutations technologiques, dès son élection, Mme Azoulay a érigé en priorité l’apaisement des tensions qui minaient dangereusement l’organisation, disant à l’AFP vouloir « travailler en amont sur les questions qui divisent pour trouver des solutions communes ». Soit : dépolitiser l’Unesco et la recentrer sur ses missions premières.

Décisions par consensus

Cela s’est immédiatement traduit sur les questions ultrasensibles du Proche-Orient (patrimoine de Jérusalem, éducation dans les territoires palestiniens…). Dès sa première année de mandat, douze décisions ont été prises par consensus, après une négociation facilitée par le secrétariat de l’Unesco entre Israël, les Palestiniens, les pays arabes, ajournant les sujets qui fâchent, trop politiques.

Au point qu’en juin 2018, l’ambassadeur israélien à l’Unesco s’était prononcé en faveur d’un report du départ de son pays de l’organisation.

Israël et les États-Unis ont néanmoins quitté l’Unesco fin 2018, comme annoncé en octobre 2017, Washington reprochant à l’organisation un parti-pris anti-israélien. Ils avaient déjà suspendu le paiement de leurs cotisations en 2011 lorsque les Palestiniens étaient devenus membres.

Cette désaffection est restée isolée. Lors de la 40e conférence générale, pas moins de 90 ministres et 9 vice-ministres de l’Éducation, ainsi que 92 ministres et 24 vice-ministres de la Culture ont ainsi répondu présents, en sus de 14 chefs d’État, dont la plupart, il est vrai, étaient venus aussi à Paris pour le Forum de la paix des 12-13 novembre.

« Il n’y a aucun autre endroit au monde où l’on peut avoir une telle concentration de ministres de l’Éducation et de la Culture », « cela prouve que l’Unesco est très pertinente sur ces questions », estime-t-on dans l’état-major de l’institution.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait fait le déplacement à l’ouverture, louant notamment le rôle de l’Unesco dans la défense du multilatéralisme, son travail en faveur de l’éducation, des jeunes, des sciences.

Dans ces domaines, plusieurs initiatives ont abouti lors de la conférence. L’une doit mener à une convention mondiale permettant la reconnaissance des qualifications dans l’enseignement supérieur d’un pays à l’autre, une première dans le système onusien.

Une deuxième est la décision de mandater l’Unesco pour travailler à l’élaboration de normes éthiques en matière d’intelligence artificielle.

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