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Macron craint « un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran »

Le président français critique Washington, Jérusalem et Ryad pour avoir soutenu les manifestations anti-régime en Iran

Le président français Emmanuel Macron adresse ses voeux pour la nouvelle année à la presse à l'Elysée à Paris, le 3 janvier 2018 (Crédit : AFP / POOL / LUDOVIC MARIN)
Le président français Emmanuel Macron adresse ses voeux pour la nouvelle année à la presse à l'Elysée à Paris, le 3 janvier 2018 (Crédit : AFP / POOL / LUDOVIC MARIN)

Emmanuel Macron a plaidé mercredi pour la poursuite d’un « dialogue permanent » avec l’Iran, estimant que ceux qui dénoncent l’accord sur le nucléaire, Etats-Unis, Israël, Arabie Saoudite, portaient « un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran ».

Toujours décidé à se rendre à Téhéran, malgré l’annulation de la visite préparatoire que devait effectuer vendredi son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le chef de l’Etat a expliqué, en marge des voeux à la presse, qu’il fallait « accroître la pression internationale sur l’Iran » mais pas « rompre les discussions ».

Car « ce qui est en train de se jouer, sinon, est qu’on est en train de subrepticement reconstruire un ‘axe du mal’. On voit bien le discours officiel qui est porté par les Etats-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, qui sont nos alliés à de nombreux égards : c’est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran », a-t-il dit.

« On est en train de reproduire la stratégie délibérée de certains. Il est très important que, nous, on préserve les équilibres dans ce contexte », a-t-il affirmé.

« Il faut une stratégie régionale qui consiste à regarder comment limiter l’action iranienne » dans la région.

« Mais si nous rompons toute discussion, le risque est d’aller jusqu’à des éléments de conflit d’une brutalité extrême », a-t-il insisté, répondant aux questions de journalistes après un discours devant plusieurs centaines d’entre eux.

Le préalable à sa visite à Téhéran est « un retour au calme, respectueux des libertés. Rien n’est envisageable » dans le contexte actuel, a-t-il ajouté.

Le régime iranien, dont l’armée d’élite a proclamé mercredi la fin du mouvement de « sédition », a été confronté depuis jeudi dernier à un mouvement de contestation qui a fait 21 morts, en majorité des manifestants, et entraîné des centaines d’arrestations.

Ce mouvement est le premier de cette ampleur depuis celui de 2009 contre la réélection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui avait été très violemment réprimé.

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