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Macron demande au roi Salmane de lever le blocus sur le Yémen

Pour la France, il n’y a "pas de solution militaire au conflit au Yémen" et il est "primordial que les deux parties reviennent à la table des négociations"

Une Yéménite au milieu des décombres des maisons détruites par une frappe aérienne saoudienne sur une zone résidentielle en avril 2015, dans la capitale Sanaa, le 18 mai 2015. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)
Une Yéménite au milieu des décombres des maisons détruites par une frappe aérienne saoudienne sur une zone résidentielle en avril 2015, dans la capitale Sanaa, le 18 mai 2015. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

Emmanuel Macron s’est récemment entretenu avec le roi Salmane d’Arabie Saoudite pour lui faire part de « sa forte préoccupation face à la catastrophe humanitaire au Yémen » et lui demander de « lever entièrement le blocus pour permettre à l’aide humanitaire et aux biens commerciaux d’entrer » dans ce pays, a indiqué mercredi l’Elysée.

L’Arabie saoudite dirige depuis 2015 une coalition militaire qui intervient, notamment par les airs, contre les rebelles Houthis occupant de larges pans du pays, dont la capitale Sanaa. Elle impose un blocus au pays et n’autorise que les cargaisons humanitaires et commerciales après inspection, ce qui suscite des critiques d’ONG et d’organisations internationales.

La semaine dernière, la coalition sous commandement saoudien a assuré que le port de Hodeida, sur la mer Rouge, resterait ouvert « pour une période de 30 jours » pour l’aide humanitaire et les bateaux commerciaux transportant notamment nourriture et carburant.

Pour la France, il n’y a « pas de solution militaire au conflit au Yémen » et il est « primordial que les deux parties reviennent à la table des négociations », a indiqué le 24 décembre Emmanuel Macron au roi Salmane.

Le Président Emmanuel Macron de la France lors d’une réunion de l’UE à Bruxelles, le 19 octobre 2017 (Crédit : Dan Kitwood / Getty Images via JTA)

Le conflit a fait plus de 8 750 morts, dont de nombreux civils, selon l’ONU et la semaine dernière la Croix-Rouge a annoncé que les cas de choléra dans la population se chiffraient désormais à un million.

Le chef de l’Etat a aussi rappelé que la France avait condamné le tir d’un missile par les rebelles Houthis en direction de Ryad, le 19 décembre.

Les deux dirigeants ont également parlé de la Syrie, pour laquelle Emmanuel Macron souhaite « revenir au processus de Genève » et « travailler à un plan de paix équilibré et soutenir une solution inclusive et respectueuse de toutes les communautés ».

Le président a enfin remercié le roi pour sa contribution de 100 millions d’euros à la force militaire G5 Sahel et sa mobilisation lors du sommet « One Planet Summit » à travers notamment son fonds souverain.

Le 13 décembre, l’Arabie Saoudite avait annoncé le versement de 100 millions d’euros à la force antiterroriste du G5 Sahel qui ne parvenait pas jusqu’ici à rassembler les fonds nécessaires pour sa mise en place. Ryad propose d’organiser en janvier une réunion de suivi avant un sommet des donateurs en février à Bruxelles.

Salmane Ben Abdel Aziz (Crédit : YouTube/Unesco)

Les Emirats arabes unis qui, comme Ryad, sont soucieux de démontrer leur engagement sur le front antiterroriste, avaient annoncé pour leur part un financement de 30 millions d’euros pour cette force.

Emmanuel Macron avait fait un voyage éclair à Ryad en novembre, où il s’était entretenu avec le prince héritier Mohamed ben Salmane. Il compte en 2018 se rendre en Iran, en Israël, à Ramallah, au Liban et en Jordanie.

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