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Macron recevra vendredi Erdogan

Les dirigeants français et turc aborderont les droits de l'Homme, la Syrie et le conflit israélo-palestinien

Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)

Le président Emmanuel Macron recevra vendredi 5 janvier à l’Elysée son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, avec qui il abordera notamment « la question des droits de l’Homme », a annoncé samedi soir l’Elysée.

Cet entretien, « qui fait suite aux conversations régulières des derniers mois, sera l’occasion d’évoquer les questions liées aux relations bilatérales entre nos deux pays, ainsi que les questions régionales dont notamment un focus tout particulier sur le dossier syrien, sur lequel ils ont de multiples échanges, mais aussi palestinien », a précisé l’entourage du chef de l’Etat.

« Il est absolument impossible d’avancer avec Assad en Syrie », a récemment déclaré M. Erdogan lors d’une conférence de presse avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi.

« Je le dis très clairement, Bachar al-Assad est un terroriste qui a eu recours au terrorisme d’Etat. Nous ne pouvons dire: +Assad peut faire l’affaire+. Si nous faisons cela, ce serait commettre une injustice » envers les Syriens tués dans le conflit, avait-il ajouté.

Il s’agit de la première visite du président turc en France depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016 et l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en mai 2017, mais les deux hommes ont déjà eu l’occasion de se rencontrer lors de sommets internationaux.

M. Erdogan avait mentionné l’éventualité d’une telle visite il y a quelques jours, se félicitant notamment que Paris n’ait pas « laissé tomber » la Turquie sur la question de Jérusalem alors qu’Ankara a très vivement condamné la décision américaine de reconnaître cette ville comme capitale d’Israël.

Vue sur la Vieille Ville de Jérusalem (Crédit : CC BY Kyle Taylor/Flickr)

Le 10 décembre, Emmanuel Macron avait demandé à son homologue, lors d’un entretien téléphonique, de « contribuer à l’apaisement » entre Israël et les Palestiniens et « d’éviter les répercussion négatives dans l’ensemble de la région » après que le président turc a affirmé qu’Israël était un « état terroriste tueur d’enfants ».

Le président français lui avait rappelé « que la France désapprouvait la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ».

Tension entre la Turquie et l’Union européenne

L’annonce de cette visite à Paris survient alors que la Turquie a vu en 2017 ramenées quasiment à l’arrêt les négociations au long cours sur sa candidature d’adhésion à l’UE tandis qu’une crise l’opposait à l’Allemagne à propos de la répression de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Si la chancelière Angela Merkel s’était dite favorable à un arrêt de ces négociations, Emmanuel Macron avait exprimé, dans une interview au quotidien grec Kathimerini en septembre, sa volonté d’ « éviter les ruptures » entre l’UE et la Turquie, un « partenaire essentiel » dans de nombreux dossiers, notamment la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme.

Le président français avait néanmoins estimé, dans cet entretien, que « la Turquie s’est objectivement éloignée de l’Union européenne ces derniers mois, avec des dérives préoccupantes qui ne peuvent pas rester sans conséquence, sur le projet concernant l’union douanière par exemple ».

MM. Macron et Erdogan ont également régulièrement échangé cette année à propos de l’arrestation des journalistes français Loup Bureau, détenu plus de 50 jours car accusé d’appartenir à une « organisation terroriste », et Mathias Depardon, détenu un mois en Turquie pour « propagande terroriste ».

Le journaliste français Loup Bureau, au centre, avec son père Loïc Bureau, à gauche, à son arrivée à Roissy-Charles de Gaulle, le 17 septembre 2017. (Crédit : Geoffroy van der Hasselt/AFP)

Tous deux avaient finalement été expulsés vers la France.

Les relations entre la Turquie et l’Union européenne s’étaient particulièrement tendues lors de la campagne pour le référendum du 16 avril sur la révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président turc, lorsque plusieurs pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, avaient refusé la tenue sur leur sol de meetings tenus par des ministres turcs.

Or, la France avait alors autorisé le ministre turc des Affaires étrangères à tenir un meeting électoral à Metz.

Par ailleurs, la Turquie a signé en novembre une lettre d’intention avec la France et l’Italie ouvrant la voie à l’achat par Ankara de missiles sol-air au consortium franco-italien Eurosam.

M. Erdogan a déclaré vouloir « avoir de bonnes relations avec l’UE et avec les pays de l’UE », dans le but de « réduire le nombre d’ennemis et augmenter le nombre d’amis », a-t-il ajouté dans des propos rapportés par plusieurs journaux turcs, dont le quotidien Hürriyet.

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