Rechercher

Marine Le Pen réélue à la tête du FN, son père Jean-Marie déchu

Selon un sondage rendu public dimanche, 39 % des Français souhaitent voir une candidature de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle tandis que 61 % s'y opposent

La présidente du parti d'extrême-droite français  Marine Le Pen lors du congrès de son parti à Lille, dans le nord de la France, après sa réélection à la tête du parti pour la troisième fois, le 11 mars 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)
La présidente du parti d'extrême-droite français Marine Le Pen lors du congrès de son parti à Lille, dans le nord de la France, après sa réélection à la tête du parti pour la troisième fois, le 11 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)

Le parti français d’extrême droite Front national a comme prévu réélu pour un troisième mandat à sa tête Marine Le Pen et déchu son père Jean-Marie, fondateur historique, du dernier titre qu’il occupait: la présidence d’honneur.

Seule candidate, Le Pen, qui a recueilli 100% des suffrages exprimés, parachève ainsi sa stratégie de « dédiabolisation » du FN, entamée dès son arrivée à la tête du parti en 2011.

Marine Le Pen, 49 ans, ambitionne de faire du FN un parti de gouvernement en s’écartant des déclarations controversées de son fondateur Jean-Marie Le Pen, notamment sur la Shoah.

Les quelque 1 500 militants présents au congrès du parti à Lille (nord) ont approuvé à 79,7 % des voix exprimées (20,2 % contre) les nouveaux statuts supprimant la présidence d’honneur.

Ce titre avait été confié à Jean-Marie Le Pen, qui a présidé le parti durant 39 ans, de 1972 à 2011, et en avait été exclu en 2015 par sa fille. Cette exclusion avait donné lieu à une longue bataille judiciaire entre père et fille.

Jean-Marie Le Pen, qui a publié ses mémoires une dizaine de jours avant le congrès, a renoncé finalement à venir au rassemblement, une première pour lui. Il avait menacé de recourir si besoin à la « force publique » mais la direction du FN avait prévenu qu’il serait interdit d’entrée, en raison de son exclusion en tant que membre.

Le patriarche, encore populaire parmi les sympathisants du FN, a préféré passer son samedi à dédicacer dans une librairie parisienne ses mémoires dont le succès a entraîné un retirage.

La présidente du parti d’extrême-droite français Marine Le Pen lors du congrès de son parti à Lille, dans le nord de la France, après sa réélection à la tête du parti pour la troisième fois, le 11 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)

L’exemple italien

Largement affaiblie par un débat télévisé complètement raté avant le second tour de la présidentielle en 2017, Le Pen tente de tirer un trait sur le passé du Front et a reçu pour ce faire le soutien d’un invité surprise au premier jour du congrès, samedi: Steve Bannon, sulfureux ex-conseiller de Trump.

« L’Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire », a assuré cette icône de la droite américaine la plus dure.

Il a par ailleurs salué les vues de Marine Le Pen. « Elle l’a parfaitement décrit: considérez-vous l’État-nation comme un obstacle à dépasser ou comme un joyau qui doit être poli, chéri, entretenu? », a-t-il interrogé, en appelant à suivre l’exemple des populistes du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue, arrivés en tête des législatives italiennes la semaine dernière.

Largement applaudi, celui qui est régulièrement soupçonné d’accointances avec les suprémacistes blancs a ensuite fait huer les médias, selon lui aux ordres de l' »establishment ».

La présidente du parti du Front national, parti d’extrême-droite français, Marine Le Pen (à droite) applaudit l’ancien conseiller du président américain Steve Bannon après son discours durant le congrès annuel de la formation, le 10 mars 2018 au Grand Palais de Lille, dans le nord de la France (Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN)

La venue de Steve Bannon a toutefois suscité la circonspection de Jean-Marie Le Pen quant à l’objectif poursuivi de gagner en respectabilité: ça n’est « pas exactement la définition de la ‘dédiabolisation’ « , a-t-il raillé depuis Paris.

Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche, 39% des Français souhaitent une candidature de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle, en recul de deux points par rapport à septembre 2017, contre 61% qui ne la souhaitent pas.

Si, selon elle, il n’y a « rien d’étonnant » à subir « un trou d’air » après sept années d' »expansion » de son parti, elle instille toutefois le doute sur son avenir en assurant qu’elle ne va pas « s’éterniser » à son poste et qu’elle est prête à le céder à quelqu’un de « mieux placé ».

Chez beaucoup de militants, un seul nom revient: Marion Maréchal-Le Pen. Mais l’ex-députée, petite-fille du co-fondateur et nièce de la présidente, n’a pas fait le déplacement à Lille.

Philippot : le FN a retrouvé « tous les clichés de l’extrême droite »

L’ancien bras droit de Marine Le Pen Florian Philippot a étrillé dimanche soir le congrès se voulant de refondation du Front national, estimant que le discours de Marine Le Pen a renoué avec « tous les clichés de l’extrême droite ».

Se disant « très pessimiste » pour un parti « qui a fait son temps » et dont il a claqué la porte en septembre, il a exprimé sur BFMTV « un peu de peine » pour les militants et les élus qui y sont restés.

Le nouveau nom choisi par Marine Le Pen, « Rassemblement national », « symbolise ce retour en arrière », a estimé Florian Philippot.

« Rassemblement national » fait écho au nom du groupe parlementaire frontiste à l’Assemblée nationale entre 1986 et 1988, « Front national-Rassemblement national ». Trente ans plus tôt, le Rassemblement national avait aussi été le nom d’un parti, alors présidé par l’avocat d’extrême-droite Jean-Louis Tixier-Vignancour.

Pour M. Philippot, le discours de clôture de la présidente du parti, qui a fustigé notamment « l’errance » d’Emmanuel Macron, « n’est pas du tout le discours par lequel Marine Le Pen a été élue à la tête du Front en 2011 ».

Il lui a notamment reproché de négliger de parler de « justice sociale », ou d’environnement » ou encore « d’écologie », dans un texte écrit selon lui par son conseiller spécial et beau-frère Philippe Olivier, démontrant une « filiation avec le Grece et la Nouvelle droite », un courant de l’extrême droite remontant à la fin des années 1960.

Il a aussi fustigé l’invitation faite à Steve Bannon, incarnation de la droite américaine la plus dure, « dont même Trump s’est débarrassé pour extrémisme ».

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.