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Mémoires de J.M. Le Pen : « Pétain n’a pas failli à l’honneur »

Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, "était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant", écrit le co-fondateur du FN

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Le maréchal Pétain « n’a pas failli à l’honneur en signant l’armistice » en 1940 et le général de Gaulle « reste une horrible source de souffrance pour la France », estime Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, dans le premier tome de ses mémoires dont Le Parisien et Le Point ont publié des extraits en ligne mardi.

Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, « était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant », écrit M. Le Pen dans « Fils de la nation », à paraître aux éditions Muller le 28 février.

« Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire ». « Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice ».

« L’opinion majoritaire était d’ailleurs que la France avait besoin d’une épée et d’un bouclier contre les Allemands et je l’ai partagée longtemps, jusqu’au jour où l’écoute de la radio de Londres m’en détrompa. Il m’apparut vite que pour les gaullistes de micro, l’ennemi était à Vichy plus qu’à Berlin. Les Français parlaient aux Français pour leur enseigner plus la haine du maréchal que celle d’Hitler. J’en fus atterré. Je ne comprenais pas pourquoi. La raison était pourtant simple : il fallait que de Gaulle abaissât Pétain pour monter lui-même », estime M. Le Pen.

Charles de Gaulle « reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France », écrit l’ancien président du FN qui relate la première fois où il l’aperçut, en 1945, dans le Morbihan : « Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme Saint-Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu. »

« En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite », juge-t-il.

M. Le Pen revient également sur la torture pratiquée en Algérie. « L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possibles. »

« Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique. » « Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent », poursuit M. Le Pen, qui ajoute que « ni [lui], ni [s]es camarades n’ét[aient] nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (…) C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses. »

M. Le Pen explique également avoir perdu son œil gauche en montant un chapiteau pour un meeting de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle de 1965.

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