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Netanyahu : Israël « ne laissera pas l’Iran » produire l’arme nucléaire

Le Premier ministre a donné sa première réponse à l'annonce faite par l'Iranien Rouhani que Téhéran conserverait l'excédent d'uranium et reprendrait l'enrichissement à haut niveau

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours lors d'une cérémonie marquant la journée annuelle du souvenir à la mémoire des soldats tués en service et des victimes d'attentats à Jérusalem le 7 mai 2019. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours lors d'une cérémonie marquant la journée annuelle du souvenir à la mémoire des soldats tués en service et des victimes d'attentats à Jérusalem le 7 mai 2019. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi qu’Israël ne laisserait pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire, après que Téhéran a annoncé la suspension de certains engagements pris en vertu d’un accord international conclu en 2015.

« Nous ne laisserons pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire », a dit M. Netanyahu lors d’une cérémonie à Jérusalem à l’occasion de la journée annuelle du souvenir à la mémoire des soldats tués en service et des victimes d’attentats.

La destruction d’Israël fait partie de la rhétorique historique du régime iranien, et Israël se voit comme la cible désignée d’un Iran qui serait doté de la bombe atomique et des activités balistiques iraniennes.

Le Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) iranien a annoncé mercredi que l’Iran allait cesser de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi, revenant sur l’engagement qu’il avait pris dans l’accord conclu à Vienne en 2015. Ce pacte avait permis à Téhéran d’obtenir une levée d’une partie des sanctions internationales.

M. Netanyahu s’est démené pour obtenir la dénonciation de cet accord, et le président Donald Trump a décidé d’en désengager unilatéralement les Etats-Unis en 2018.

Le régime islamique a décidé de cesser d’appliquer « certains » de « ses engagements » pris dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.

L’Iran a décidé de cesser de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi comme il s’y était engagé au titre de l’accord international de 2015 limitant son programme nucléaire, a indiqué le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien.

Téhéran a limité jusqu’ici son stock d’eau lourde à 130 tonnes maximum, et ses réserves d’uranium enrichi (UF6) à 300 kg et a renoncé à enrichir l’uranium à un taux supérieur à 3,67 %.

Un an après la dénonciation de cet accord par les Etats-Unis, qui ont rétabli leurs sanctions contre l’Iran, Téhéran a donné « 60 jours » aux pays restant parties à ce pacte (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour « rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire », sous peine de voir l’Iran renoncer à appliquer d’autres de ses engagements, a ajouté le Conseil.

La décision a été notifiée officiellement en début de matinée, à Téhéran, aux ambassadeurs des pays encore parties à cet accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) après le retrait des Etats-Unis de ce pacte il y a exactement un an, indique le ministère.

« Si à l’issue de cette date butoir les dits pays ne sont pas capables de répondre aux exigences de l’Iran », Téhéran cessera alors d’observer les restrictions qu’il s’impose « sur le degré d’enrichissement de l’uranium » ainsi que sur les « mesures relatives à la modernisation du réacteur à eau lourde d’Arak », dans le centre de l’Iran.

Le Conseil ajoute que les mesures annoncées aujourd’hui (mardi) sont réversibles « à tout moment » si les exigences de l’Iran « sont prises en compte ». En cas contraire, « la République islamique d’Iran cessera progressivement ses autres engagements ».

« La fenêtre qui est ouverte actuellement pour la diplomatie ne le restera pas longtemps, et la responsabilité de l’échec [de l’accord nucléaire] et ses conséquences probables incomberont entièrement aux Etats-Unis » et aux autres parties à l’accord, ajoute Téhéran.

« Les mesures prises par les Etats-Unis, en particulier depuis un an mais aussi avant […] leur retrait [de l’accord] avaient clairement pour but de causer une interruption » de cet accord, a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, en visite à Moscou.

« L’Iran ne se retirera pas » de cet accord, et les mesures prises par Téhéran, d’une nature qui n’a pas été précisée, correspondent à un « droit » laissé aux parties à l’accord en cas de manquements par une autre partie, a insisté M. Zarif.

La Chine a appelé mercredi à maintenir l’accord international sur le programme nucléaire iranien, après la décision de Téhéran de cesser d’appliquer certains de ses engagements pris dans le cadre de ce texte signé en 2015.

« Maintenir et appliquer l’accord est de la responsabilité de toutes les parties », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. Pékin est partie à cet accord avec cinq autres pays (Iran, Allemagne, France, Grande-Bretagne et Russie) depuis le retrait des Etats-Unis.

La Russie a dénoncé mercredi la « pression déraisonnable » subie par l’Iran qui a poussé ce pays à renoncer à certains engagements. Moscou reste « engagé » dans cet accord, a ajouté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Nous appelons toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions », a réagi Pékin, plaidant pour la poursuite de l’application de l’accord.

En France, la ministre des Armées Florence Parly n’a pas exclu que l’Union européenne (UE) prenne des sanctions contre l’Iran.

Un responsable français a prévenu dimanche que l’Union européenne (UE) pourrait imposer des sanctions à l’Iran s’il violait certaines parties de l’accord nucléaire de 2015 limitant son programme nucléaire.

« Nous ne voulons pas que Téhéran annonce demain (mercredi) des actions qui violeraient l’accord sur le nucléaire, car dans ce cas, nous, les Européens, serions obligés de réimposer les sanctions conformément aux termes de l’accord », avait déclaré à Reuters ce responsable non identifié. « Nous ne le voulons pas et nous espérons que les Iraniens ne prendront pas cette décision. »

« L’annonce du jour de la part de Téhéran est (…) une démarche inopportune. Nous incitons l’Iran à ne pas prendre d’autres décisions menant à l’escalade et de respecter ses engagements », a déclaré le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères Mark Field à la Chambre des communes.

« Oui nous souhaitons conserver le JCPOA. Nous, les Européens, les Allemands apporterons notre contribution et attendons que l’Iran mette en oeuvre (l’accord) dans sa totalité », a déclaré à la presse Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande.

Les Etats-Unis ont par ailleurs dépêché un porte-avions au Moyen-Orient, une manoeuvre accompagnée d’une mise en garde « claire et sans équivoque » de la Maison Blanche à l’Iran au risque de provoquer une dangereuse escalade un an après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.

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