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Nucléaire iranien : Paris, Londres et Berlin appellent à « stopper l’escalade »

Les trois parties à l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 ont appelé ensemble dimanche à "arrêter l'escalade des tensions et à reprendre le dialogue"

Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l'accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l'accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, trois parties à l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, ont appelé ensemble dimanche à « arrêter l’escalade des tensions et à reprendre le dialogue », dans un communiqué commun.

« Nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA (l’accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien, ndlr) ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l’Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l’accord », expliquent Paris, Londres et Berlin dans ce texte diffusé par la présidence française.

Conclu après des années d’efforts diplomatiques, l’accord de Vienne de 2015 prévoit une limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays.

Les trois pays se sont dits par ailleurs « profondément troublés » par les attaques dans le Golfe et au-delà, « ainsi que par la détérioration de la sécurité dans la région ».

« Nous pensons que le moment est venu d’agir de façon responsable et de rechercher les moyens d’arrêter l’escalade des tensions et de reprendre le dialogue », ajoutent-ils. 

Pour la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, « les risques sont tels qu’il est nécessaire que toutes les parties prenantes marquent une pause et envisagent les conséquences possibles de leurs actions ».

Les tensions dans la région du Golfe n’ont fait que s’intensifier depuis que les Etats-Unis se sont retirés en mai 2018 de l’accord nucléaire signé entre l’Iran et les grandes puissances en 2015 et ont rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

Un an après le retrait unilatéral des Etats-Unis, l’Iran avait décidé de cesser de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi.

Jusqu’ici l’Iran avait respecté les termes de l’accord, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui vérifie les engagements pris.

Téhéran a annoncé lundi 8 juillet désormais produire de l’uranium enrichi à au moins 4,5 %, un niveau prohibé.

« Nous avons changé notre stratégie en passant de la patience à la revanche (…) nous répondrons à chaque action prise par l’autre partie », a déclaré le président iranien Hassan Rohani dimanche, selon le site du gouvernement iranien.

« S’ils diminuent leurs engagements dans l’accord, nous les diminuerons aussi. S’ils respectent pleinement leurs engagements, nous ferons de même », a-t-il ajouté. 

« Alors que nous continuons de soutenir le JCPoA, sa poursuite dépend du plein respect par l’Iran de ses obligations », écrivent dimanche les trois Etats européens, pour lesquels « des signes de bonne volonté sont nécessaires de toute urgence, de la part de toutes les parties ».

Les Européens tentent aussi depuis des mois de mettre en place un mécanisme permettant des échanges économiques avec l’Iran malgré les sanctions américaines.

Outre les Européens, la Chine et la Russie sont toujours parties à l’accord sur le nucléaire.

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