Nucléaire iranien: un nouveau complexe de production des centrifugeuses à Natanz
Ali Akbar Salehi a déclaré que Téhéran songeait à se retirer de l’accord du nucléaire de 2015 et a prévenu que "tout le monde souffrira" si l’accord s’effondre totalement

Dimanche, Ali Akbar Salehi, le chef du nucléaire iranien, a déclaré qu’un complexe pouvant produire des centrifugeuses de pointe avait été achevé dans l’usine nucléaire de Natanz.
Salehi, le chef de l’Organisation à l’Energie Atomique de l’Iran (OEIA), a expliqué à l’agence de presse officielle IRNA que le Guide Suprême l’ayatollah Ali « Khamenei nous a donné l’ordre d’installer et d’achever un complexe avancé et complet pour la construction de centrifugeuses modernes. Ce complexe sera bientôt totalement équipé et mis en place », selon Reuters.
Salehi a déclaré que Khamenei avait aussi donné l’ordre de développer des navires à propulsion nucléaire, et qu’il faudrait 10 à 15 ans pour mener à bien le projet.
S’il a souligné que les navires à propulsion nucléaire et que les nouvelles centrifugeuses opéreraient dans les limites fixées par l’accord sur le nucléaire iranien signé avec les puissances mondiales, Salehi a prévenu que Téhéran réfléchissait à l’idée d’abandonner l’accord après le retrait américain plus tôt cette année.
Salehi a suggéré que l’Iran « pourrait… suspendre certaines des limitations imposées par l’accord sur le nucléaire, par exemple, le volume et le niveau d’enrichissement ».
« Et le scénario final pourrait bien être une sortie finale de l’accord sur le nucléaire, qui n’aura jamais lieu, je l’espère, avec l’aide des [autres signataires], parce que tout le monde en souffrirait », a-t-il déclaré.
Selon l’accord de 2015 – qui limite le programme nucléaire de l’Iran en échange d’une levée des sanctions – Téhéran est autorisé à construire et à tester des centrifugeuses avancées avec certaines restrictions sur la quantité.
Après le retrait des Etats-Unis en mai, les autres parties – la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Chine, la Russie et l’UE – ont promis de fournir à l’Iran assez d’avantages économiques afin de maintenir l’accord en vie.
Néanmoins, Téhéran est de plus en plus sceptique sur la capacité de ces pays à contrer les effets des sanctions américains reinstaurées, qui ont déjà durement frappé l’économie iranienne.
L’Iran a répété, à de nombreuses reprises, qu’il reprendra l’enrichissement d’uranium à haut niveau si l’accord n’était plus valable.
Plus tôt ce mois, le guide suprême l’ayatollah Ali Khameni a dit que l’Iran serait prêt à « laisser de côté » l’accord s’il n’était plus dans les intérêts nationaux du pays.
L’Agence Internationale à l’Energie Atomique a déclaré, à de nombreuses reprises, que l’Iran respectait ses engagements.
L’administration du président américain Donald Trump a déclaré que l’accord n’empêchait pas l’Iran de travailler vers l’obtention d’une arme nucléaire – ce que Téhéran a nié vouloir obtenir.
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