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OLP : un Etat palestinien « célébrerait le lien entre les juifs et Jérusalem »

Husam Zomlot déclare à la conférence J Street que les Palestiniens n'accepteront pas un "état au rabais", ou sans "les deux tiers du peuple palestinien" - en référence aux réfugiés

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

L'envoyé de l'OLP à Washington Husam Zomlot s'adresse à la conférence nationale de J Street 2018 au Walter Washington Convention Center à Washington, DC. le 16 avril 2018. (Capture d'écran)
L'envoyé de l'OLP à Washington Husam Zomlot s'adresse à la conférence nationale de J Street 2018 au Walter Washington Convention Center à Washington, DC. le 16 avril 2018. (Capture d'écran)

WASHINGTON, DC – L’envoyé de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans la capitale américaine a déclaré lundi que les Palestiniens « célébreraient le lien entre les Juifs et Jérusalem » une fois qu’un État palestinien aurait été établi avec Jérusalem-Est comme capitale.

« Une fois qu’un État de Palestine sera créé, une fois que cet État aura Jérusalem-Est comme capitale, cette ville ne reconnaîtra pas seulement le lien avec les Juifs, mais nous célébrerons le lien des Juifs avec Jérusalem », a déclaré Husam Zomlot aux sympathisants de J Street.

S’exprimant lors de la conférence nationale de cette organisation pacifiste, M. Zomlot a fait une critique cinglante de la gestion du dossier israélo-palestinien par l’administration Donald Trump, en particulier la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des États-Unis.

Cette décision, a dit M. Zomlot, ne consistait pas à « retirer Jérusalem de la table », comme l’a dit le président, mais à « retirer la table toute entière ».

Ce message a été bien reçu par le lobby libéral du Moyen-Orient, bien qu’il ait été chahuté à plusieurs reprises tout au long de son discours au Walter Washington Convention Center au centre-ville de Washington. On pouvait entendre l’un de ces chahuteurs crier : « Vous n’êtes pas le représentant légitime du peuple palestinien ».

Zomlot a fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu comme étant à la fois non engagé et peu disposé à négocier un accord de paix juste et équitable entre les deux parties.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 15 avril 2018. (Alex Kolomoisky/Pool/Flash90)

« Il est devenu évident que le Premier ministre israélien, Netanyahu, ne s’intéresse qu’à une formule gagnant-gagnant, perdant-perdant », a déclaré le diplomate palestinien.

A un certain moment, Zomlot a défini les conditions palestiniennes d’un accord. Il a appelé à une solution à deux états, ce qui, selon lui, n’a « jamais été une demande palestinienne, mais une concession palestinienne ».

Dans une autre pique à Netanyahu, M. Zomlot a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient pas de « redéfinir ce que signifie la solution à deux états – non à cela, un grand non gras », a-t-il ajouté, « non à un état au rabais », une phrase que le Premier ministre israélien a utilisée pour décrire le type d’entité palestinienne qu’il laisserait émerger sous sa surveillance.

Zomlot a poursuivi : « Non aux arrangements intérimaires – nous l’avons fait ; aucun processus durable – nous l’avons fait. Nous voulons une paix durable ; non à un état avec des frontières provisoires ; non à un état sans Jérusalem-Est comme capitale ».

« Non à un État aux dépens des deux tiers du peuple palestinien », a-t-il dit, se référant aux réfugiés palestiniens.

Zomlot a conclu : « Pas d’État sans Gaza et pas d’État à Gaza. Pas d’Etat avec un seul soldat israélien sur son sol. »

Des manifestants palestiniens brûlent des drapeaux israéliens près de la barrière frontalière avec Israël, à l’est de Khan Yunis dans le sud de la ville de Gaza, le 13 avril 2018 (Crédit : AFP / Thomas Coex)

Se référant aux récentes manifestations violentes dans la bande de Gaza, M. Zomlot a déclaré que l’Autorité palestinienne était attachée à la non-violence. « Peu importe le nombre de tireurs d’élite autour de Gaza, nous devons croire au pouvoir de la non-violence », a-t-il dit.

Depuis plusieurs semaines, le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza, organise des manifestations hebdomadaires, au cours desquelles certains manifestants ont tenté de briser la barrière de sécurité et de s’infiltrer en Israël.

L’armée israélienne a jusqu’à présent abattu au moins 30 Palestiniens lors d’affrontements frontaliers, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas.

L’un d’eux aurait été touché au torse alors qu’il portait un gilet « presse » et filmait dans une zone recouverte d’une épaisse fumée noire provoquée par des manifestants mettant le feu à des pneus.

Israël a déclaré qu’il ouvre le feu quand c’est nécessaire pour arrêter les dommages à la barrière frontalière, les infiltrations et les tentatives d’attaques. Elle allègue que le Hamas, dont les dirigeants ont déclaré que les manifestations visent en fin de compte à éliminer la frontière et à libérer la Palestine, cherche à utiliser les manifestations comme couverture pour perpétrer des attentats.

L’administration Trump a demandé au Hamas de céder le contrôle de l’enclave côtière à l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah.

Trump a également signé récemment la Taylor Force Act, une loi qui réduirait l’aide américaine à l’Autorité palestinienne si elle ne mettait pas fin à son programme de prestations sociales aux familles des terroristes palestiniens.

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