Paris appelle au « calme » face au « risque » d’Intifada
Il faut "éviter toute dérive qui rendrait impossible toute initiative de médiation", a insisté le chef de la diplomatie française

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a estimé vendredi qu’il existait un « risque » d’intifada dans les Territoires palestiniens et a appelé au « calme », après la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.
Cette initiative « contraire au droit international » du président des Etats-Unis, « nous la désaprouvons, et nous souhaitons vraiment que malgré tout cela le calme règne », a déclaré M. Le Drian sur la radio publique France inter.
Interrogé sur une possible « nouvelle intifada », après l’appel en ce sens du mouvement terroriste palestinien du Hamas, le ministre français a répondu : « C’est le risque ».
Israël a déployé des centaines de policiers supplémentaires à Jérusalem vendredi, jour de grande prière sur le mont du Temple, craignant une escalade de la violence en réaction à l’annonce du président américain Donald Trump.
« Le souci », selon lui, c’est « d’éviter toute dérive qui rendrait impossible toute initiative de médiation », a insisté M. Le Drian, en soulignant que les Etats-Unis sont « seuls » et « isolés sur cette affaire ».
Le président français Emmanuel Macron a aussi appelé au « calme » vendredi, jour de prière hebdomadaire des musulmans, après l’appel du mouvement terroriste du Hamas à « une nouvelle intifada », en réponse à la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.
« Je lance un appel au calme et à la responsabilité de tous », a-t-il déclaré à l’ouverture d’une réunion de soutien au Liban à Paris.
Le Premier ministre libanais Saad Hariri a de son côté estimé que la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, qui suscite la colère des Palestiniens, représentait un « défi supplémentaire à la stabilité de toute la région ».
Cette décision annoncée mercredi « compliquera encore plus le processus de paix et posera un défi supplémentaire à la stabilité de toute la région », a déclaré M. Hariri à l’ouverture d’une réunion de soutien au Liban à Paris.
Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence ce vendredi sur cette question et « je pense qu’il redira le droit et qu’il permettra de constater cet isolement », a ajouté le ministre français.
« Les Etats-Unis, qui jusqu’à présent avaient pu avoir un rôle de médiation dans ce conflit israélo-palestinien, aujourd’hui s’en sont un peu exclus », a-t-il regretté.
La France, qui reçoit dimanche la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, « peut agir mais la France ne peut agir seule », a estimé M. Le Drian.
« Il faut trouver les médiations nécessaires pour permettre au calme de revenir et qu’on puisse s’engager dans un processus de négociation », a-t-il insisté.
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