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Plus de 200 migrants africains vont être libérés de la prison de Saharonim

L’Ouganda a fait savoir vendredi qu'il "envisageait" d'accueillir sur son sol quelque 500 migrants érythréens et soudanais en situation irrégulière

Des migrants africains détenus se trouvant à l'extérieur du centre de détention de Holot, situé dans le désert du Néguev, dans le sud d'Israël, près de la frontière égyptienne, le 4 février 2018. (MENAHEM KAHANA/AFP)
Des migrants africains détenus se trouvant à l'extérieur du centre de détention de Holot, situé dans le désert du Néguev, dans le sud d'Israël, près de la frontière égyptienne, le 4 février 2018. (MENAHEM KAHANA/AFP)

Plus de 200 migrants africains illégaux détenus dans une prison du sud d’Israël vont être libérés dimanche à la suite d’une décision de la Cour suprême, ont annoncé les services de l’immigration.

Les autorités israéliennes avaient transféré en février à la prison de Saharonim des migrants érythréens détenus jusque-là dans le centre de rétention de Holot situé non loin de la prison, et qui avaient refusé de quitter Israël.

« Vu que les négociations entre l’Etat d’Israël et un pays tiers (pour accueillir des migrants) sont encore en cours et en vertu d’un (récent) jugement de la Cour suprême, les migrants détenus dans la prison de Saharonim seront libérés dans la journée », ont annoncé les services de l’immigration dans un communiqué.

La Cour suprême avait ordonné la semaine dernière la libération des migrants si aucun accord n’était conclu entre Israël et un pays tiers prêt à accueillir des migrants.

L’Ouganda a fait savoir vendredi qu’il « envisageait » d’accueillir sur son sol quelque 500 migrants érythréens et soudanais en situation irrégulière en Israël, et que l’Etat hébreu entend expulser.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l’histoire d’Israël, veut expulser des milliers d’Erythréens et de Soudanais entrés illégalement dans le pays. Le gouvernement leur propose de partir « volontairement » avec une somme de 3.500 dollars (2.800 euros), sous peine d’être arrêtés et détenus jusqu’à ce qu’ils acceptent de quitter le pays.

Les autorités n’ont toutefois pas indiqué vers quels pays les migrants pourraient être expulsés, sachant qu’Israël reconnaît tacitement qu’ils ne peuvent être renvoyés au Soudan ou en Erythrée.

Des ONG israéliennes assurent que des accords ont été passés avec l’Ouganda et le Rwanda, ce que les intéressés ont démenti à plusieurs reprises.

Le plan d’expulsion du gouvernement israélien a suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, mais aussi en Israël de survivants de la Shoah et d’une partie de la société civile.

Début avril, M. Netanyahu avait accepté d’annuler ce programme d’expulsions, assurant qu’un accord avec l’ONU allait permettre de transférer les migrants vers « des pays développés comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ».

Mais il avait fait volte-face quelques heures plus tard, et annulé l’accord avec l’ONU, sous la pression des éléments les plus durs de sa coalition.

Selon les autorités israéliennes, 42.000 migrants africains vivent actuellement en Israël.

Ces migrants sont arrivés majoritairement après 2007, à partir du Sinaï égyptien. La frontière à l’époque poreuse avec l’Egypte a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans des quartiers pauvres de Tel-Aviv, la capitale économique du pays.

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