Rechercher

Pourquoi Serge Klarsfeld n’ira pas voir le film de Polanski

L'historien et ancien chasseur de nazis dit ne pas pouvoir séparer l'homme, qui a commis des actes très répréhensibles, de l'œuvre

Serge Klarsfeld. (Capture d'écran YouTube)
Serge Klarsfeld. (Capture d'écran YouTube)

Serge Klarsfeld a dit jeudi « avoir du mal à dissocier l’homme qui a créé une œuvre et son œuvre. Notamment dans le cas de Louis-Ferdinand Céline. Je ne vais pas dissocier celui qui a écrit les pamphlets antisémites et l’auteur du roman ‘Voyage au bout de la nuit’. »

Interrogé par le quotidien Midi Libre, l’avocat-historien avoue « ne pas non plus pouvoir dissocier le film ‘J’accuse’ de son auteur qui a commis des actes très répréhensibles. Et je n’ai pas besoin de Polanski pour savoir quoi penser de l’affaire Dreyfus. »

« Dreyfus y est représenté comme un personnage falot alors qu’il ne l’était pas du tout. Il a subi un martyre. Lui, l’homme tout à fait respectable, a souffert d’être accusé d’une infamie. Dreyfus est un héros. Comme le colonel Picquart [incarné par Jean Dujardin dans le long-métrage de Polanski], » détaille l’octogénaire qui a consacré son existence à lutter contre l’impunité des ex-nazis.

« Mais Picquart n’est pas le même genre de héros. Lui, en voulant défendre l’honneur de l’armée, s’est battu pour la vérité et contribue à innocenter Dreyfus non sans beaucoup de préjugés antisémites. Et Picquart est resté antisémite même après l’affaire. Donc je n’irai pas voir le film de Polanski, » conclut l’inlassable militant de la connaissance de la Shoah, né en Roumanie.

Sorti le 14 novembre en France, le film du réalisateur juif français « J’accuse » draine les foules, mais l’indignation ne retombe pas après les récentes nouvelles accusations de viol contre le réalisateur.

Le thriller historique du Franco-Polonais sur l’affaire Dreyfus, un scandale politico-judiciaire majeur sur fond d’antisémitisme à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, arrivait en tête du box-office en France sur cinq jours, et s’approchait alors de la barre des 400 000 entrées dans 545 salles, selon les chiffres de CBO Box office.

« J’accuse » a été récompensé du Grand Prix du jury à la Mostra de Venise (Italie), mais il a aussi suscité des réserves, notamment parce que Polanski avait dit à plusieurs reprises qu’il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s’estimant « persécuté ».

Curiosité après les nouvelles accusations ? Effet du débat lancé par certains sur la censure et la frontière entre l’homme et l’artiste ? Bouche-à-oreille favorable ? Paradoxalement en effet, ces bons chiffres vont de pair avec une controverse qui ne s’éteint pas.

Des manifestants brandissent des pancartes lors de protestations contre le réalisateur franco-polonais Roman Polanski devant le cinéma « Le Champo » à Paris, le 12 novembre 2019. (Crédit: Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

La situation est chaque jour de plus en plus délicate pour Polanski, de nouveau sous les projecteurs pour des accusations de viol et, pour la première fois de sa carrière – glorieuse en France -, visé par des sanctions de ses pairs.

Toujours poursuivi par la justice américaine pour des relations sexuelles illégales avec une fille de 13 ans il y a 40 ans, accusé de viol depuis à plusieurs reprises par d’autres femmes, Polanski a de nouveau été mis en cause, juste avant la sortie de son film, par une photographe française, Valentine Monnier, qui affirme avoir été « rouée de coups » et violée par le réalisateur en 1975, alors qu’elle avait 18 ans.

Son témoignage a fissuré pour la première fois son aura dans le milieu du cinéma français, régulièrement soupçonné de mansuétude envers lui.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.