Rechercher

Pourquoi Trump ne peut pas encore retirer ses troupes de Syrie

De nombreux enjeux régionaux - comme le rayonnement de l'Iran ou la question turque - ne permettent pas encore un retrait américain

Forces américains, accompagnées des Unités de protection du peuple kurdes (YPG), près du village de Darbasiya, dans le nord de la Syrie, le 28 avril 2017. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)
Forces américains, accompagnées des Unités de protection du peuple kurdes (YPG), près du village de Darbasiya, dans le nord de la Syrie, le 28 avril 2017. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

Malgré son impatience, Donald Trump semble avoir renoncé à un départ imminent des troupes américaines de Syrie. De la lutte anti-jihadistes aux autres enjeux régionaux, plusieurs raisons plaident en faveur d’une présence prolongée.

Mission accomplie ?

Le président américain a justifié ces derniers jours son envie de retrait rapide par la victoire militaire obtenue contre le groupe Etat islamique (EI). Et comme la présence de quelque 2 000 soldats américains a officiellement pour seul objectif la guerre contre les jihadistes, l’équation a semblé simple dans un premier temps : « il est temps de rentrer à la maison ».

Mais ses alliés occidentaux, ainsi que ses propres conseillers militaires et diplomatiques, sont montés au créneau.

« Notre mission n’est pas accomplie et nous allons l’accomplir », a assuré Brett McGurk, l’envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale antijihadiste. « L’EI n’est pas encore complètement vaincu », a-t-on renchéri à Paris. Au contraire, « on voit des retours de combattants », et si la coalition n’y prend garde, il existe un vrai « risque » de voir le groupe jihadiste « regagner du terrain », a récemment prévenu un diplomate européen.

Donald Trump a donc dû s’engager à rester jusqu’à la « défaite totale de l’EI ».

Une issue politique en vue ?

Rex Tillerson, alors secrétaire d’Etat avant son limogeage, avait défendu en janvier le maintien d’une « présence militaire et diplomatique en Syrie ». Il avait aussi fait le lien avec la nécessité d’obtenir le départ du président Bachar al-Assad – même si cela ne faisait pas partie des objectifs officiels et alors que la base juridique de l’engagement militaire des Etats-Unis fait l’objet d’un débat au sein du Congrès américain.

« Un retrait total du personnel américain à ce stade aiderait Assad à continuer de brutaliser son propre peuple », avait-il justifié, estimant qu’un « départ » du président syrien, dans le cadre du processus de paix sous l’égide de l’ONU, « créera les conditions pour une paix durable ».

Or, ce processus est au point mort. En attendant qu’il se débloque, l’administration américaine souligne la nécessité de stabiliser les zones « libérées » de l’EI par la coalition. « Il y a un rôle à jouer pour les militaires dans cette phase de stabilisation », a estimé le général Joe Votel, qui supervise les forces américaines engagées en Syrie, semblant contester toute velléité de départ rapide.

Un boulevard pour l’Iran ?

Rex Tillerson avait aussi prévenu de ce qu’un « désengagement américain » fournirait à l’Iran, soutien de Damas, « une occasion en or pour renforcer encore davantage ses positions en Syrie ».

C’est l’autre grande crainte des experts, au moment où le régime Assad et ses alliés iraniens et russes s’affichent de plus en plus comme les vainqueurs sur le terrain après sept ans de guerre.

Le président syrien Bashar al-Assad, à gauche, le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergei Choigou inspectent un défilé militaire lors de leur visite à la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, le 11 décembre 2017. (Crédit : Mikhail Klimentyev / AFP)

Donald Trump a fait de l’Iran sa bête noire au Moyen-Orient, et menace de se retirer de l’accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, trop peu contraignant à ses yeux. « Cela créerait une illusion de dureté sur l’Iran, sans conséquences », s’alarme l’ex-diplomate Denis Ross dans une tribune dans le Washington Post. « L’Iran est dangereux avant tout par son expansion dans la région » et son « endiguement » devrait « être la priorité de l’administration Trump », plaide-t-il. « Or ce n’est pas le cas, puisque Trump dit clairement qu’il veut que ‘d’autres s’en occupent à présent’. »

Que faire face aux Turcs ?

C’est le sujet le plus brûlant. Le jeu de la Turquie, alliée des Occidentaux qui soutiennent des rebelles syriens, inquiète aussi Washington. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rejoint ses homologues russe et iranien, Vladimir Poutine et Hassan Rouhani, dans un processus de discussion sur la Syrie parallèle à celui de l’ONU.

Surtout, Ankara a lancé une offensive dans le nord-ouest syrien contre des Kurdes alliés des Américains contre les jihadistes mais qui sont accusés de « terrorisme » par la Turquie, qui redoute la constitution d’un embryon d’Etat kurde à sa frontière. Cette opération, que les Etats-Unis n’ont pas réussi à contenir, menace désormais Minbej, où sont pourtant stationnées des troupes américaines.

Pour l’instant, loin de tout retrait, l’armée américaine semble plutôt avoir tendance à renforcer ses positions dans la région de Minbej.

Car au niveau diplomatique, les discussions avec Ankara n’ont guère permis à ce stade d’exclure une confrontation. Lors d’une rencontre entre hauts responsables américains et turcs vendredi dernier à Washington, les deux parties se sont seulement engagées à « poursuivre leurs efforts pour résoudre les problèmes en suspens », dit à l’AFP un porte-parole du département d’Etat. Et aucune nouvelle réunion du groupe de travail mis en place spécifiquement pour déminer cette situation n’a été annoncée pour l’instant.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.
Se connecter ou rejoindre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres de la Communauté qui payent un abonnement peuvent commenter les articles
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Seuls les membres de la Communauté du ToI peuvent commenter les articles.
Se connecter avec
check your email
Consultez vos emails
Nous vous avons envoyé un email à .
Il contient un lien pour vous connecter.
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.