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Procès d’Aube dorée: à la barre, le chef des néo-nazis grecs plaide non coupable

"Je veux plaider non coupable, (ce procès) est un complot politique ayant comme cible le parti", a indiqué Nikos Michaloliakos

L'ancien député et chef du parti Aube dorée, Nikolaos Michaloliakos, témoigne devant un tribunal d'appel, le 6 novembre 2019, dans le cadre d'un procès phare sur un homicide ayant impliqué Aube dorée. (Photo par Aris MESSINIS / AFP)
L'ancien député et chef du parti Aube dorée, Nikolaos Michaloliakos, témoigne devant un tribunal d'appel, le 6 novembre 2019, dans le cadre d'un procès phare sur un homicide ayant impliqué Aube dorée. (Photo par Aris MESSINIS / AFP)

Le fondateur et chef d’Aube Dorée, Nikos Michaloliakos, qui a comparu mercredi sur le banc des accusés pour la première fois en plus de quatre ans depuis le début du procès de ce parti néo-nazi grec, a « plaidé non coupable » comme il l’avait fait lors de l’instruction.

« Je veux plaider non coupable, (ce procès) est un complot politique ayant comme cible le parti », a indiqué cet homme de 61 ans, accusé surtout du crime de « direction et constitution d’une organisation criminelle » comme une vingtaine d’ex députés de son parti.

Ils encourent « des peines allant de 10 à 20 ans de prison », a indiqué à l’AFP Me Chryssa Papadopoulou, avocate de la famille de Pavlos Fyssas.

C’est le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, 34 ans, poignardé en 2013 près d’Athènes par un membre du parti, qui a déclenché des poursuites pénales contre 69 personnes liés au parti.

« Il n’y a pas d’organisation criminelle » et « nous sommes des nationalistes et non pas des néo-nazis », a souligné Nikos Michaloliakos, rejetant ces accusations, à l’instar de la plupart d’autres ex-députés et cadres du parti.

Selon la partie civile, des pièces à conviction et des témoignages ont démontré « l’organisation hiérarchique » du parti et la mise en place « des milices » : des groupes d’hommes en noir, portant des symboles similaires à la croix gammée, sillonnant les rues d’Athènes surtout au pic de la crise (2010-2013) en Grèce, en tabassant à coups de pied ou de barres de fer les migrants et leurs opposants politiques.

« Il n’y a pas eu de milices », a répondu sèchement mercredi Nikos Michaloliakos à la présidente de la cour criminelle.

Lors de son entrée dans une salle comble mercredi matin, il a été hué par des dizaines de sympathisants de gauche et du mouvement antifasciste tandis que la mère de Pavlos Fyssas, Magda, présente à la plupart des audiences depuis le début de ce procès en avril 2015, l’a publiquement désapprouvé, selon des médias.

Devant le bâtiment de la cour d’appel où se déroule le procès, un rassemblement a été organisé par des mouvements de gauche et antifascistes scandant « Assassin » ou « Pavlos vit ».

L’ancien député et chef du parti Aube dorée, Nikolaos Michaloliakos, témoigne devant un tribunal d’appel, le 6 novembre 2019, dans le cadre d’un procès phare sur un homicide ayant impliqué Aube dorée. (Photo par Aris MESSINIS / AFP)

Qualifié « d’historique » par la partie civile, ce procès a entraîné le déclin du parti, qui n’a pas réussi à faire élire de député lors des dernières élections de juillet.

Aube dorée est entré pour la première fois au Parlement en 2012, surfant sur la crise et le discrédit dont souffrait alors la classe politique.

Nikos Michaloliakos est le dernier des accusés à être entendu par la cour avant le réquisitoire et le verdict, prévu « d’ici au mois de mars 2020 », selon Chryssa Papadopoulou.

Le procès compte déjà environ 400 jours d’audience, 350 témoins, des dizaines d’avocats et un dossier d’instruction pesant 1,5 téraoctet.

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